Alors que Joe Biden prépare son arrivée à la Maison Blanche, l’administration de Donald Trump refuse d’apporter son aide à l’équipe de transition du futur président quant à la sécurisation de ses communications, a rapporté le Wall Street Journal. Une situation qui pourrait avoir d’importantes conséquences pour les États-Unis.

Trump ne facilitera pas la tâche à Joe Biden

Le peuple américain a voté : Joe Biden sera le prochain président des États-Unis, au grand dam de Donald Trump. Si la démocratie semble avoir fait son travail, le président sortant ne l’entend pas de cette oreille. Non seulement il multiplie les recours en justice et continue d’inonder Twitter de messages infondés clamant que les votes ont été truqués, mais il semblerait qu’il cherche également, en coulisses, à handicaper l’arrivée de Joe Biden dans le bureau ovale en refusant toute collaboration.

Habituellement, l’Administration des services généraux (GSA), le département de la Sécurité intérieure et les services de renseignement américains mettent en place toute une infrastructure (sites, e-mails, canaux de discussion, etc.) dédiée au gouvernement entrant, dans l’objectif de lui permettre de préparer son arrivée en toute sécurité, à l’abri de potentielles cyber-menaces. Pourtant, Joe Biden n’a le droit à rien de tout ça, puisque l’administration Trump a empêché les agences fédérales de lui fournir ce soutien.

Les équipes du futur président doivent ainsi se contenter d’un réseau Google Workspace payant avec un programme de protection avancé pour préparer leur arrivée à la Maison Blanche. Interrogées par The Verge, celles-ci se sont toutefois montrées rassurantes en affirmant que le niveau de cybersécurité de leur système actuel est équivalent à celui qu’aurait pu leur offrir le gouvernement fédéral des États-Unis. En outre, elles précisent que tous les membres du personnel sont tenus d’utiliser des clés de sécurité physiques (Titan Secury Key), qu’un briefing détaillé sur les meilleures pratiques en matière de cybersécurité leur a été dispensé, et que toutes les informations sont stockées sur des drives à accès restreints.

Quelles conséquences éventuelles pour les États-Unis ?

Cette prise de position de l’administration Trump pourrait potentiellement avoir de lourdes conséquences pour les États-Unis. Joe Biden et ses équipes sont actuellement en train de préparer leur arrivée et leur politique, ce qui laisse entendre qu’une importante masse de documents contenant des informations sensibles sont échangés par voie numérique.

En privant son successeur d’une cybersécurité fédérale optimale, Trump met ainsi en danger la sécurité et le pouvoir de négociations de son propre pays. De fait, «savoir quelles personnes pourraient prendre tel ou tel poste avant que cela ne soit annoncé ou, plus important, quelle sont leurs positions sur des questions-clés, aurait une valeur immense pour Moscou, Pékin, Téhéran ou Pyongyang» explique Dmitri Alperovitch, expert en cybersécurité.

Finalement, ce manque de soutien en matière de cybersécurité s’ajoute à la longue liste de préoccupations exprimées ces dernières semaines par les démocrates et certains législateurs républicains. Tous craignent que le manque de coopération entre l’administration Trump et l’équipe de transition de Biden ne compromette la sécurité nationale.