Selon un document interne consulté par VentureBeat, FastPay, une nouvelle technologie de Facebook en développement, permet de confirmer un paiement intercontinental en moins de 100 millisecondes. L’infrastructure réalise plus de 80 000 transactions par seconde, et avec au maximum 20 autorités de paiement différentes. Cette vitesse d’exécution varie selon la zone géographique d’émission. Depuis la Côte Ouest des État-Unis, le délai est de moins de 200 millisecondes, alors que depuis le Royaume-Uni il est de 50 millisecondes.

FastPay a déjà été testée sur Amazon Web Services, ainsi que sur un serveur composé de 96 processeurs Intel Xeon Platinium 8175, 48 coeurs physiques, et 384 Go de mémoire. Pendant ces expériences, selon la déclaration de l’équipe d’ingénieurs, le réseau a pris en charge jusqu’à 160 000 transactions par seconde, alors qu’il était sollicité par 1,5 million de transactions, réparties sur les 48 cœurs physiques. C’est ce débit qui serait sept fois supérieur à la vitesse des réseaux du leader mondial des systèmes de paiements, Visa. Là où il y a de quoi faire grincer les dents des responsables de l’entreprise spécialisée dans la finance, c’est que cette architecture est supportée par des ordinateurs basiques, dont le coût d’exploitation est inférieur à 4 000 dollars par mois.

« FastPay supprime la nécessité de recourir à des banques intermédiaires, et à leurs contrats financiers complexe »

Avec ces résultats, Facebook apporte des solutions à deux problématiques majeures de la blockchain : volume et rapidité. Cette technologie a une capacité limitée à supporter d’immenses volumes de paiement, à cause d’un fonctionnement décentralisé et ouvert. En outre, un paiement transitant en blockchain est soumis à la validation de plusieurs utilisateurs, ce qui entrave la rapidité. « FastPay peut être utilisé comme une chaîne latérale pour toute cryptomonnaie, avec des garanties de finalité et de programmabilité raisonnable et suffisante. Les performances et la robustesse de FastPay valident que l’on peut s’éloigner des solutions centralisées et d’un consensus total pour gérer les paiements de détail », affirment les chercheurs dans leur rapport.

Les ingénieurs en charge du projet ont toutefois précisé que les conditions d’expériences étaient idéales, et que FastPay reste expérimental. À terme, le portefeuille numérique Novi devrait proposer les monnaies de Facebook qui transiteraient par FastPay.

En mai 2020, face à des pressions exercées par les autorités politiques et financières, Facebook a annoncé qu’il ne développerait pas une, mais plusieurs monnaies numériques. Entre-temps, le géant des réseaux sociaux, qui se rapproche d’un procès antitrust, s’est fait plutôt discret sur ses projets de monnaies numériques. Pendant ce temps, les Monnaies Digitales de Banque Centrale (MDBC) en Europe et en Chine avancent. En défiant Visa, l’entreprise de Mark Zuckerberg affirme qu’elle reste dans la course aux monnaies digitales : « FastPay élimine les risques de crédits et supprime la nécessité de recourir à des banques intermédiaires, et à leurs contrats financiers complexes, pour absorber ces risques », indique le document interne.