Après avoir inauguré son laboratoire d’intelligence artificielle à Saclay aux côtés de Google et de Samsung en 2018, IBM décide de passer à la vitesse supérieure avec les chercheurs de Paris-Saclay. L’entreprise vient d’annoncer le lancement d’un consortium d’acteurs privés pour développer AIDA (Artificial Intelligence for Digital Automation) : une plateforme d’intelligence artificielle à destination des entreprises.

IBM va travailler avec les chercheurs de Paris-Saclay

Cette annonce d’IBM s’inscrit dans le cadre du « plan intelligence artificielle » dévoilé par Emmanuel Macron il y a deux ans. Un plan d’un milliard et demi d’euros pour faire de la France l’un des leaders dans le domaine et attirer les talents et les meilleurs chercheurs en IA au monde sur notre territoire. Le président d’IBM France a décidé d’aller dans ce sens en soutenant la volonté du gouvernement français avec la création de ce consortium d’acteurs privés. L’objectif est très clairement de positionner la France comme un leader sur le marché de l’intelligence opérationnelle selon Nicolas Sekkaki, président d’IBM France.

Aux côtés d’IBM pour travailler sur ce projet de R&D mondial, trois autres entreprises françaises, l’Université Paris-Saclay et Bpifrance. L’objectif de ce consortium est de faire émerger une plateforme d’apprentissage ouverte qui permettra aux entreprises d’intégrer des algorithmes d’intelligence artificielle dans leurs processus logistique, commerciaux, etc. afin d’améliorer leur productivité et leur compétitivité. Mettre l’intelligence artificielle au service de la compétitivité française : c’est le maître mot.

AIDA : un enjeu technologique et sociétal

C’est précisément là que les chercheurs de l’Université Paris-Saclay vont se montrer indispensables. Leurs avancées les plus récentes permettront aux chercheurs d’IBM d’avancer plus vite et de faire le lien avec des problématiques concrètes d’entreprises. Cette plateforme technologique doit permettre de mieux gérer les données à la source des modèles d’intelligence artificielle. L’enjeu est également de rendre cet outil modulable aux changements contextuels. D’ici fin décembre IBM a prévu d’installer son centre d’innovation dans un nouveau bâtiment à Paris-Saclay qui devrait rassembler environ 300 personnes.

Une petite armée de chercheurs travaille déjà sur ce projet. Les universitaires de Paris-Saclay sont au nombre de 150 tout de même. L’idée est d’associer la culture des universitaires à celle des chercheurs du privé pour confronter ces deux mondes très différents afin de faire éclore des solutions innovantes. Avec un budget de développement avoisinant les 33 millions d’euros, AIDA doit également répondre à un enjeu sociétal : créer des emplois dans des domaines à haute valeur ajoutée. C’est en tout cas la volonté du gouvernement français.