Huawei n’est pas interdit en France, mais sous surveillance. Malgré tout, Bouygues est le premier opérateur à décider qu’il ne travaillerait plus avec la société chinoise. Enfin, plus précisément d’ici huit ans, au plus tard. Lors de l’annonce de ses résultats financiers, l’opérateur français a indiqué qu’il allait démonter l’ensemble des antennes fournies par l’entreprise chinoise.

Bouygues Telecom anticipe…

Si Bouygues Telecom a annoncé le retrait à venir de l’ensemble des antennes Huawei présentes dans les zones denses, en France, c’est parce qu’il sait qu’il risque de se retrouver bloquer, d’ici quelques années, si l’accord d’utilisation de l’équipement Huawei n’est pas renouvelé. En effet, bien que le fabricant chinois ne soit pas officiellement banni en France, il est tout de même largement écarté et l’ANSSI impose d’ailleurs qu’une demande d’autorisation concernant le matériel de l’équipementier soit renouvelée tous les 8 ans. Il s’agit là d’une mesure qui vise à dissuader les opérateurs de recourir au matériel Huawei et Bouygues Telecom semble plutôt bien respecter cela.

Comme le rapporte Numerama, les autorisations déjà accordées au sujet de Huawei ne devraient pas être renouvelées à l’avenir, et cela pourrait d’ailleurs conduire à sa disparition sur le territoire français. Ce n’est donc pas réellement un hasard si Bouygues prévoit de se séparer de l’équipementier chinois sous 8 ans. Finalement, sans interdire officiellement Huawei comme l’a fait le Royaume-Uni, le sort français de l’équipementier semble déjà tout tracé.

Nokia et Ericsson pour prendre le relai ?

Pour l’heure, Bouygues Telecom n’a pas précisé qui viendrait remplacer Huawei. Cependant, Nokia et Ericsson pourraient être de la partie. Tous les deux sont des équipementiers européens et les risques liés à la sécurité seraient ainsi largement réduits, en particulier dans certaines villes.

Olivier Roussat, le PDG de Bouygues Telecom a expliqué que 3 000 infrastructures seront démontées dans le cadre de l’abandon de Huawei. Plus précisément, les villes concernées sont Rennes, Strasbourg, Toulouse, Paris ou encore Brest. Chacune de ces villes abrite des lieux importants, comme le QG mondial d’Airbus, le Parlement européen, la base opérationnelle de la marine nationale, ou encore bien d’autres lieux de pouvoir, on comprend donc que les doutes subsistent quant à la sécurité et les accusations d’espionnage de Huawei…