En janvier 2020, le Royaume-Uni accordait un rôle limité à Huawei dans le déploiement de son réseau 5G, et ce, malgré la pression exercée par les États-Unis. Seulement six mois après cette annonce, les autorités britanniques ont revu leur copie et ont finalement décidé de revenir sur cette décision, apprend-on ce mardi 14 juillet 2020. Ainsi, dès le mois de janvier 2021, les opérateurs britanniques ne seront plus autorisés à acheter de nouveaux matériels auprès de Huawei et devront progressivement retirer ceux qui sont implémentés dans leurs infrastructures 5G existantes d’ici à 2027.

Clap de fin pour Huawei d’ici 2027

C’est une conclusion amère pour Huawei. Après des mois de va-et-vient interminables, le Royaume-Uni a finalement rendu son verdict final ce mardi 14 juillet 2020 : Huawei sera officiellement banni du réseau 5G du pays. Oliver Dowden, Secrétaire d’État au Numérique, à la Culture, aux Médias et au Sport, a ainsi expliqué : « Suite aux sanctions américaines contre Huawei et aux conseils techniques actualisés de nos cyber-experts, le gouvernement a décidé qu’il était nécessaire d’interdire Huawei de nos réseaux 5G« , avant d’ajouter que « le meilleur moyen de sécuriser notre réseau est que les opérateurs cessent d’utiliser les équipements Huawei pour construire le futur réseau 5G britannique« .

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Une décision qui se traduira dès le mois de janvier 2021, puisque c’est à partir de cette date que les opérateurs britanniques ne seront plus autorisés à acheter des équipements auprès du constructeur chinois pour la mise en place de leurs infrastructures 5G. Quant aux équipements existants, ces derniers devront être retirés d’ici à 2027. Pour rappel, encore au mois de juin 2020, le Royaume-Uni demandait à ses opérateurs télécom de faire du stock sur les équipements Huawei.

Quelles conséquences pour le Royaume-Uni ?

Pour les opérateurs téléphoniques, le retrait total des équipements Huawei du réseau britannique est « impossible » en ce laps de temps. La direction de Vodafone a notamment commenté : « Nous sommes évidemment déçus parce que cette décision – comme le gouvernement l’a souligné aujourd’hui – retardera encore le déploiement de la 5G au Royaume-Uni et entraînera des coûts supplémentaires pour l’industrie. Nous travaillerons avec le gouvernement pour examiner les implications de cette décision, y compris le coût et la nécessité d’augmenter la diversité des fournisseurs ».

L’opérateur britannique BT, lui, met de l’eau dans son vin en estimant que le remplacement de l’équipement 5G de Huawei ne coûtera pas plus que les 500 millions de livres déjà prévus lors de l’annonce, en janvier 2020, de la limitation des équipements du constructeur chinois par le gouvernement britannique.

De son côté, Huawei avait déjà assuré la semaine dernière que son exclusion aurait un impact considérable sur « l’avenir de la stratégie numérique (…) du Royaume-Uni« . De fait, en faisant machine arrière, Londres prend du retard. Un retard qui, en seulement deux ans à trois ans, coûterait 2 milliards de livres (soit environ 2,20 milliards d’euros) à l’économie du pays, selon le ministre de la Culture britannique.

En réaction à l’annonce de son exclusion totale, le constructeur chinois a jugé « regrettable que (son) futur au Royaume-Uni ait été politisé, à cause de la politique commerciale américaine et non pour des raisons de sécurité ». Huawei estime que c’est également « une mauvaise nouvelle pour tous ceux qui ont un téléphone mobile au Royaume-Uni » puisque cette décision « risque de ralentir l’avancée digitale du pays, d’augmenter les factures et d’accroître la fracture numérique ».

Le roi est mort, vive le roi !

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, les concurrents de Huawei se sont empressés de réagir à la nouvelle pour prendre la place du constructeur chinois. Cormac Whelan, le directeur général de la branche britannique de Nokia, a ainsi déclaré : « Nous avons la capacité et l’expertise pour remplacer tous les équipements Huawei dans les réseaux britanniques à l’échelle et à la vitesse nécessaires, et nous sommes prêts à soutenir la mise en œuvre de la décision du gouvernement britannique avec un impact minimal sur les personnes utilisant les réseaux de nos clients« .

De son côté, Arun Bansal, président de la branche européenne et latino-américaine d’Ericsson, estime que « la décision des autorités britanniques lève l’incertitude qui ralentissait les décisions d’investissement autour du déploiement de la 5G au Royaume-Uni« , avant de rappeler que « Ericsson dispose de la technologie, de l’expérience et de la capacité de la chaîne d’approvisionnement nécessaires pour faire face à cette situation sans perturber les clients« .