Le Conseil européen chargé de la protection des données est inquiet depuis des mois par le rachat de Fitbit par Google. En effet, le géant américain pourrait bel et bien envisager de collecter les données de santé des utilisateurs de montres connectées Fitbit. À ce sujet, l’Union Européenne a désormais ouvert une enquête approfondie pour garantir qu’à l’issue du rachat, la position de Google sur le marché des publicités en ligne ne soit pas renforcée grâce à Fitbit.

Veiller à ce que le géant américain ne fasse pas mauvais usage des données

Le 15 juillet dernier, nous vous informions que Google était sur le point de signer un accord l’empêchant d’utiliser les données sensibles liées à Fitbit pour faire de la publicité. C’était la condition des régulateurs européens, sans quoi une enquête antitrust était ouverte. Les choses semblent avoir évolué depuis puisque Bruxelles a fait le choix d’ouvrir une « enquête approfondie » sur le rachat de Google.

Margrethe Vestager, responsable de la concurrence à la Commission européenne, a ainsi déclaré : « Notre enquête vise à garantir qu’à l’issue de l’opération, la maîtrise de Google sur les données collectées au moyen de dispositifs portables ne faussera pas la concurrence ». D’autant plus que selon elle, l’utilisation d’objets connectés va augmenter d’année en année : il s’agit donc d’un véritable enjeu à surveiller dès à présent car ces objets exploitent des données qui « fournissent des informations essentielles sur la vie et la santé des utilisateurs ».

Cette enquête est maintenant ouverte après que plus de 20 groupes de défenses des droits des consommateurs et des citoyens aient publié une lettre ouverte avertissant du comportement de Google. Elle devrait s’achever début décembre.

Google maintient sa position : l’achat de Fitbit concerne « les appareils, pas les données »

Google l’a écrit aux régulateurs européens, son rachat de Fitbit pour quelques 2,1 milliards d’euros concerne « les appareils, pas les données », précisant par ailleurs que « les données de santé et de bien-être de Fitbit ne seront pas utilisées pour les publicités Google ». Mais cela n’aura donc pas suffit à convaincre les régulateurs.

Rick Osterloh, vice-président de la vision appareils et services chez Google a à nouveau précisé : « Nous avons clairement indiqué dès le début que nous n’utiliserions pas les données de santé et de bien-être de Fitbit pour les annonces Google. Nous avons récemment proposé de prendre un engagement juridiquement contraignant envers la Commission européenne concernant notre utilisation des données Fitbit ». Cela avant d’ajouter, « la décision de lancer une enquête à grande échelle sur la rachat proposé par Google montre à quel point les problèmes liés aux données des utilisateurs sont critiques. Depuis que le rachat a été annoncé pour la première fois, les questions relatives à la confidentialité des utilisateurs et à la réglementation des données ont entraîné des poursuites acharnées et cette nouvelle enquête jette une nouvelle incertitude sur l’accord d’achat ».

Malgré tout cela, le géant du Web peine à convaincre, et on peut comprendre pourquoi lorsque l’on voit les nombreuses pratiques douteuses dont il est accusé.