Une équipe de chercheurs de l’Université des sciences et technologies du roi Abdallah en Arabie Saoudite a mis au point une connexion sans fil au laser qui fonctionne sous l’eau, rapporte TechCrunch. Une innovation conçue, entre autres, à destination des Data Centers sous-marins, et qui est sobrement baptisée Aqua-Fi.

Le défi d’une connexion sans-fil sous-marine

Jusqu’à présent, la communication sans-fil sous l’eau était possible par trois moyens différents, mais tous présentant des inconvenants majeurs. Les signaux radios ne transportent des données que sur de courtes distances. Les signaux acoustiques présentent un débit de données très limité. Les signaux lumineux imposent une ligne de vue claire et directe entre les émetteurs et les récepteurs pour être efficients.

Des contraintes qui compliquent la tâche aux plongeurs, mais pas seulement. Les Data Centers sous-marins apparaissant comme l’une des meilleures options pour le refroidissement des serveurs. De fait, plus les centres de données sont importants, plus ils chauffent. Pour leur permettre de tenir la charge, il faut donc les refroidir avec de l’eau, ce qui est un véritable casse-tête écologique auquel de grands noms, tels que Google par exemple, sont confrontés.

Seulement voilà, pour que les Data Centers sous-marins puissent être une solution efficace à long terme, il leur faut une connexion à haute vitesse leur permettant de se connecter aux infrastructures réseau se trouvant à la surface. C’est là qu’intervient l’Aqua-Fi, une connexion sans fil au laser fonctionnant sous l’eau et présentée comme une WiFi sous-marine.

Aqua-Fi, le WiFi qui n’a pas peur de se mouiller

Pour mettre au point l’Aqua-Fi, les chercheurs de l’Université des sciences et technologies du roi Abdallah ont souhaité utiliser des composants simples et facilement accessibles sur le marché. Parmi les éléments principaux du dispositif, un Rasperry Pi qui fait office de modem. Celui-ci est placé dans une bouée se trouvant à la surface de l’eau, et a pour mission de traduire les signaux qu’il reçoit par voie aérienne, en signaux optiques retransmis par des lasers à un récepteur optique situé sous l’eau.

Une illustration représentant le fonctionnement de l'Aqua-Fi.

Image : KAUST / Xavier Pita

Selon les chercheurs, ce dispositif pourrait atteindre une vitesse de transfert maximale de 2,11 Mbps sur une distance de 20 mètres, et serait compatible avec les normes sans fil 802.11 existantes.

Durant leurs tests, les chercheurs ont réussi à utiliser l’Aqua-Fi pour passer des appels sur Skype et transférer des fichiers dans les deux sens. Cependant, le Rasberry Pi a rapidement été surchargé, notamment à cause de lasers trop puissants. La solution à ce problème serait de remplacer le Raspberry Pi par un modem optique dédié.

Autre problème majeur, le mouvement constant de l’eau peut perturber le faisceau lumineux du laser. Pour que celui-ci fonctionne dans des conditions optimales, il faut qu’il soit parfaitement aligné avec le récepteur. À cela, deux solutions. Pour la première d’entre elles, les chercheurs imaginent un récepteur sphérique qui pourrait capturer la lumière sous tous les angles. La seconde, quant à elle, consisterait à utiliser un second laser à faible puissance, qui aurait pour mission d’ajuster l’orientation du premier.

Vous l’aurez compris, l’Aqua-Fi nécessite encore un peu de travail avant d’être parfaitement optimal. Les premiers résultats sont néanmoins encourageants et pourraient apparaître comme la solution à long-terme pour les Data Centers sous-marins.