Vincent Huguet, co-fondateur de Malt, la place de marché qui met en relation travailleurs indépendants et entreprises, a échangé dans Culture Numérique avec Ambroise Carrière sur les impacts de la crise et de l’après-crise sanitaire pour les freelances. Comment a évolué l’activité pour ces travailleurs particulièrement fragiles pendant le confinement ? Quelles visibilités ont-ils sur l’avenir maintenant que le déconfinement est engagé, mais que l’activité économique reste menacée ? C’est à ces questions que Vincent Huguet a apporté son expertise pour Culture Numérique.

Pour s’abonner à Culture Numérique : SpotifyApple PodcastsDeezerGoogle PodcastsAcast.

L’inévitable baisse du nombre de projets pour les freelances

Le confinement a rimé, par essence, avec une forte baisse d’activité des entreprises, baisses du nombre de projets et donc baisse du nombre de missions pour les freelances. Sur Malt se réunissent près de 200 000 freelances en France, en Espagne et en Allemagne, pour répondre quotidiennement à plusieurs milliers de missions proposés via la plateforme. Le lieu idéal pour observer l’impact de la période sur l’activité des indépendants, en particulier dans le domaine du digital. Vincent Huguet rapporte que la première semaine de confinement à entrainer une baisse de 50% du nombre de projets, principalement venant des PME. Une baisse qui s’est progressivement infléchie, le temps que les entreprises adaptent leurs organisations aux nouvelles contraintes, pour revenir à un niveau proche des normales avec le déconfinement. Les situations restent forcément variables, selon les secteurs d’activités.

Cette dynamique finalement moins défavorable qu’elle aurait pu l’être pour les freelances du numérique s’explique pour Vincent Huguet, « Beaucoup d’entreprises se sont dit : l’activité baisse c’est justement le moment pour accélérer sur notre transformation digitale ». Il y a eu une baisse de nouveaux projets et des projets annulés en mars et avril, très problématiques pour les indépendants, mais les projets en cours ont pu continuer, d’autant plus naturellement que, plus que les autres, les freelances ont cette « culture » du travail à distance. L’autre atout des freelances vis-à-vis de la crise sanitaire est leur capacité de résilience, « Lorsque tu es freelance et que tu passes d’une mission à plus d’activités, tu t’habitues rapidement à t’autoformer, donner des conférences… » décrypte Vincent Huguet qui pointe la grande capacité d’adaptation des indépendants.

Qu’en est-il de l’après-crise sanitaire ?

En tant que plateforme de rencontre entre freelance et entreprise, Malt s’est mobilisé pour jouer son rôle de soutien aux freelances dans la crise. Des formations assurées par Malt et des freelances ont été organisés ainsi que des Webinar pour échanger sur les expériences de chacun. Une page a été ouverte pour informer sur les différentes mesures du gouvernement en faveur des indépendants comme le fonds de solidarité proposant jusqu’à 1500 euros par mois. Sur ce point Vincent Huguet dit réfléchir à la possibilité de perpétué se fond, financé par les indépendants eux-mêmes, pour anticiper une non souhaitable, mais éventuelle prochaine crise.

À l’heure de la reprise d’activité, et alors que le déconfinement devrait s’assouplir le 2 juin, l’avenir reste très incertain. Une crise économique guette, avec tous les risques que cela représente en termes d’investissements. Néanmoins Vincent Huguet se veut optimiste, « Les entreprises ont compris que la transformation digitale il devait l’accélérer maintenant », reste à savoir sous quel délai, juin, septembre, décembre… Selon le co-fondateur de Malt la résilience dont on fait preuve les indépendants, leur capacité de flexibilité, mais aussi l’ouverture au télétravail, pourrait amener une organisation interne des entreprises moins rigide à l’avenir.