Depuis plusieurs années, Apple est soupçonné de ne pas être totalement transparent. En effet, la firme à la pomme se serait inclinée à plusieurs reprises devant Pékin et aurait accepté de bloquer l’utilisation de certaines applications pour les utilisateurs chinois. Apple pourrait très bientôt être contraint de divulguer tout ce que le gouvernement chinois lui demande de faire.

Apple sera-t-il contrait d’être totalement transparent ?

Un projet allant dans ce sens doit être voté très prochainement par les actionnaires de l’entreprise américaine. Deux groupes d’actionnaires majoritaires semblent soutenir une telle proposition. Si ce projet était voté ce mercredi 26 février, Apple s’engagerait à prendre de nouveaux engagements en matière de droits de l’Homme. Un tel projet pourrait avoir des conséquences au-delà de la Chine pour Apple. En effet, aux États-Unis, le géant technologique californien se heurte régulièrement au gouvernement, notamment à propos de demandes de déverrouillage d’iPhones.

Cette proposition a le soutien de deux groupes : ISS et Glass Lewis. Deux sociétés qui conseillent les plus grands investisseurs institutionnels du monde sur la manière de voter aux assemblées annuelles des entreprises. ISS et Glass Lewis ont notamment envoyé des rapports aux actionnaires d’Apple, pour les inciter à voter cette proposition. Glass Lewis a notamment déclaré ceci : « nous pensons qu’il serait prudent qu’Apple soit plus transparent sur son rôle à propos de la liberté d’expression ».

Dans les rapports publiés par ces deux entreprises, on peut lire qu’Apple avait par exemple retiré iBooks Store et iTunes Movies des appareils appartenant à des clients chinois en 2016. En 2019, Apple a également été obligé de retirer HKMap.Live, une application de cartographie controversée, utilisée par les manifestants de Hong Kong pour suivre les activités de la police lors des manifestations.

Tim Cook s’oppose à une telle proposition

Si cette proposition était votée, Apple devra décrire précisément « les mesures prises au cours de l’année écoulée en réponse aux demandes du gouvernement ou de tiers qui étaient susceptibles de limiter la liberté d’expression ou l’accès à l’information ». Les groupes d’influence se livrent une véritable bataille pour tenter de faire pencher la décision des actionnaires d’un côté ou de l’autre.

Évidemment, Tim Cook et l’ancien vice-président américain Al Gore, tous les deux membres du conseil d’administration d’Apple s’opposent à ce projet. Un porte-parole d’Apple a déclaré que : « cette proposition est inutile compte tenu des nombreuses informations qui sont déjà fournies publiquement à nos actionnaires et à nos utilisateurs ».