Réseaux Sociaux

Facebook : le Royaume-Uni rend publics les documents saisis

Les documents confidentiels de Facebook saisis par le parlement britanniques ont été rendus publics. Une mine d'or sur les pratiques du réseau social et la protection de la vie privée des utilisateurs.

Alors que les accusations liées à son traitement des informations confidentielles entachent la réputation de Facebook, le gouvernement britannique lui assène un nouveau coup dur en révélant plusieurs informations compromettantes et jusque là confidentielles à son sujet. Pour rappel, les documents exposés aujourd’hui avaient pu être récupérés grâce à la complicité de Ted Kramer, le CEO de Six4Three et ancien associé de Zuckerberg. Sa « bonne volonté » vis à vis de la justice britannique lui vaut aujourd’hui de sérieux problèmes avec celle des États-Unis.

Damian Collins, le directeur du DCMS (département du numérique, de la culture des médias et des sports en français), littéralement l’un des plus gros départements exécutifs du Royaume-Uni, a révélé un pdf de 250 pages présentant des informations confidentielles sur Facebook. Comme il le dit lui-même dans ses tweets, cette décision fait écho au manque de bonne volonté montré par Facebook pour résoudre les problèmes liés à la confidentialité.

Le document est répartis en 6 sujets clés que nous avons détaillé dans un autre article. Le premier, la placement en liste de blanche de certaines sociétés pour continuer d’avoir accès aux données des amis. Le second, la question récurrente de faire payer l’accès aux données. Le troisième, la réciprocité des données entre les développeurs d’applications et Facebook. Le quatrième, le fait que le réseau social ait travaillé dur pour rendre incompréhensibles les changements apportés à son application Android, et qui lui permettait de collecter les appels et SMS des utilisateurs. Pour le cinquième, Facebook a utilisé Onavo pour mener des enquêtes globales sur l’utilisation des applications mobiles par les clients, et apparemment à leur insu. Ils ont utilisé ces données pour évaluer non seulement le nombre de personnes qui avaient téléchargé des applications, mais aussi la fréquence à laquelle elles les utilisaient. Ces connaissances les ont aidés à décider quelles entreprises acquérir et lesquelles traiter comme une menace. Le dernier se rapporte directement au procès qui oppose Six4Three et Facebook. On apprend que le réseau social a eu des comportements agressifs en leur coupant l’accès aux données de sa plateforme, entrainant, souvent, la fin d’activité des entreprises qui les développaient.

Nous vous en parlions il y’a peu, le gouvernement du Royaume-Uni a longuement insisté pour que Facebook s’exprime au parlement britannique suite à l’affaire Cambridge Analytica, qui avait révélée la fuite des données de millions de personnes dans le monde, totalement imputable à Facebook. Bien que Mark Zuckerberg, le PDG du réseau social, s’était exprimé auprès du sénat américain, il a refusé de faire de même auprès des institutions du Royaume-uni et de près de 10 autres pays.

En outre, Facebook a refusé de payer l’amende dérisoire de 500 000 $ que lui avait infligé l’ICO (Information Commissioner’s Office), l’équivalent de la CNIL au Royaume-Uni. C’est probablement ce manque de respect alors que la faute du géant est évidente, et bien sûr, la volonté de mobiliser les consciences face aux intrusions quotidiennes que connait notre vie privée, qui ont motivé la publication des documents. Notons par ailleurs que le Royaume-Uni avait déjà menacé de les divulguer une première fois, Facebook savait définitivement à quoi s’attendre…

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