La parole de Xiao Yaqing, ministre chinois de l’Industrie et des Technologies de l’information, est rare, elle porte d’autant. Ce fut le cas la semaine du 11 octobre avec une série d’interviews publiées dans plusieurs médias proches de Pékin. En substance ? La répression des géants technologiques va continuer.

La Chine n’en a pas fini avec ses géants

Xiao Yaqing, à la tête du ministère en charge du secteur technologique en Chine, est venu devant la presse faire un point à mi-parcours d’une campagne de 6 mois visant à « résoudre les problèmes de l’économie numérique ».

Au programme de cette campagne, vérifier la sécurité des données des utilisateurs, interdire les services à forcer la main des utilisateurs, interdiction de bloquer ou restreindre les services concurrents. Autre point essentiel, la lutte plus générale contre les comportements anticoncurrentiels.

Tout un programme, parfaitement cohérent avec la mise au pas du marché numérique engagée par Pékin il y a un an tout pile. Le but de ces mesures « ciblées » est de favoriser un marché dit équitable et ordonné.

Selon The Register 1,83 million d’applications ont été testées, 4200 d’entre elles doivent faire le ménage, notamment retirer les pop-up impossibles à supprimer. 73 000 sites web ont été « traités » suite à une enquête. 51 900 entreprises ont été placées sur l’équivalent d'une liste noire à cause de pratiques jugées non conformes et sommées de se remettre dans les clous.

Des chiffres impressionnants pour une moitié d'étape. Durant les trois mois qui viennent, le phénomène pourrait s’accentuer. Sous la pression, les entreprises s’ajustent petit à petit sur les nouvelles règles de Pékin. Alibaba a rendu plusieurs de ses services accessibles à WeChat Pay de Tencent. Tencent de son côté a autorisé sur son réseau social la publication de contenus d’Alibaba ou Douyin, la version chinoise de TikTok.

Favoriser les PME et l’innovation technologique

Xiao Yaqing assume ses positions dures. Elles ont pourtant abouti à réduire la valeur des actions des entreprises chinoises côtés à Hong Kong et aux États-Unis de 1000 milliards de dollars, rapporte le South China Morning Post, propriété d’Alibaba.

Pour le ministre il crée un environnement plus sain notamment pour les petites et moyennes entreprises. C’est l’autre point essentiel de sa tournée médiatique, le soutien aux PME en luttant contre les comportements anticoncurrentiels, augmentant le nombre de prêts, etc.

Il affirme que les initiatives d’aides pour le côté pile, celle de coercition côté face, ont entraîné la création de 4700 « petits géants » et aidées 40 000 entreprises axées sur l’innovation au niveau des provinces. Une chose est sûre, pour la Big Tech chinoise les nouvelles sont moins bonnes.