Très mauvaise nouvelle pour Zoom, le rachat de Five9, le plus important de l’entreprise de visioconférence, a capoté. Le 30 septembre les actionnaires de Five9 ont repoussé l’offre de 15 milliards de dollars avancée par Zoom en juin.

Zoom a maille à partir avec les autorités américaines

Les deux sociétés semblent toutefois rester en bons termes. Five9 a annoncé une résiliation du plan de fusion d’un « commun accord » tandis que Zoom s’est dit ravi de continuer de travailler avec Five9. L’entreprise propose un service cloud pour gérer plus facilement les plateformes de service client établies par les entreprises. Une offre que Zoom se serait bien vue intégrer pour la proposer à ses clients.

Une première crainte sur l’opération a émergé côté américain. Le département de la Justice a lancé un comité pour examiner le rachat pour des raisons de sécurité nationale. Les liens entre Zoom et la Chine sont à l’origine de cette suspicion.

Durant la pandémie, des chercheurs en sécurité ont révélé que la société stockait des clefs de chiffrements pour avoir accès à des communications codées sur des serveurs dans différents pays. Zoom a reconnu son erreur et affirmé qu’elle ne se reproduirait plus.

En décembre nouvel affaire, selon un procureur américain un cadre de l’entreprise aurait conspiré pour perturber les commémorations des événements de Tiananmen, à Pékin, en 1989, diffusées sur Zoom. La société à afficher sa coopération et licencier l’employé concerné.

Logo Zoom blanc sur fond bleu

Zoom a atteint le milliard de dollars de revenus trimestriels pour la première fois de son histoire. Image : Zoom

Quelle place pour la visioconférence post-confinement ?

Ce n’est finalement pas du côté des autorités américaines qu’est venue l’annulation de l’opération. C’est une problématique intrinsèque de la plateforme de visioconférence : maintenant que le monde n’est plus confiné, la croissance de Zoom s’étiole malgré des revenus au beau fixe. Les petites entreprises et les particuliers sont moins enclins à mettre de l’argent pour un abonnement Zoom.

Deux sociétés de conseil, l’Institutionnel Shareholder Services et Glass, Lewis & Co, ont préconisé aux actionnaires de refuser la fusion pour cette raison. Ils ont été suivis. Le directeur général de Zoom, Éric Yuan a expliqué que malgré ce coup dur son entreprise reste concentrée sur l’augmentation de sa valeur à la fois pour ses actionnaires que pour ses clients.

Le télétravail et donc la visioconférence ont fait leurs chemins dans beaucoup d’entreprises à travers le monde. Zoom conserve un leadership sur ce terrain qui ne devrait pas disparaître du jour au lendemain, néanmoins son avenir reste trop incertain pour beaucoup d’observateurs.