Western Digital est en discussion avec le fabricant de puces japonais et partenaire Kioxia, en vue d’une éventuelle fusion pour un montant de 20 milliards de dollars. L’opération si celle-ci venait à se confirmer, permettrait de créer un géant de la mémoire NAND capable de rivaliser avec Samsung.

Semi-conducteurs : un marché en pleine concentration

L’industrie des semi-conducteurs est en pleine ébullition. Portée par une pénurie de composants sans précédent, les diverses entreprises du secteur se pressent pour pouvoir fournir leurs clients le plus rapidement possible. Mais les investissements nécessaires afin de pouvoir rivaliser avec les plus gros du secteurs que sont Intel, Samsung et TSMC, sont tels que le marché encore très fractionné entre maintenant dans une phase de concentration.

D'après le Wall Street Journal, l’américain Western Digital connu du grand public pour ses solutions de stockage externe serait ainsi en pourparlers pour le rachat du japonais Kioxia troisième producteur mondial de mémoires flash et disques SSD, deux des produits pour lesquels la demande est en constante progression.

L'opération évaluée à 20 milliards de dollars permettrait de créer un géant de la mémoire NAND capable de rivaliser avec Samsung et capturer une part de la très forte demande de puces mémoire qui a été stimulée par l'expansion de la 5G et une augmentation du travail à domicile. Les deux sociétés pourraient conclure un accord dès la mi-septembre, et le PDG de Western Digital, David Goeckeler, serait à la tête de la nouvelle entité créée. Pour le moment, aucun des deux sociétés n’a souhaité commenter l’information.

Au Japon, les deux sociétés produisent conjointement des puces NAND, une technologie de stockage à base de semi-conducteurs qui n'a pas besoin d'énergie pour conserver les données. Cette technologie est particulièrement utilisée dans les ordinateurs de bureau, les serveurs, et les appareils mobiles. Alors que Samsung domine avec plus d'un tiers du marché, selon le cabinet d'études TrendForce, Kioxia détient une part de près de 19% et Western Digital 15%. Le sud-coréen SK Hynix et les entreprises américaines Micron Technology Inc et Intel Corp sont les autres grands acteurs.

Une opération qui risque d’intéresser les autorités

L'industrie des puces mémoire est déjà en cours de consolidation, avec Hynix qui a accepté d'acheter l'activité NAND d'Intel pour 9 milliards de dollars l'année dernière. Mais l’opération attend toujours l'autorisation des autorités de la concurrence. Une fusion Western Digital-Kioxia devrait également attirer l'œil des autorités antitrust dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis et en Chine.

Toutefois, si les discussions venaient à échouer, Kioxia évalue dans le même temps la possibilité d’une introduction en Bourse dès septembre. Le groupe Toshiba, qui détient environ 40,6 % de Kioxia, est en pourparlers avec au moins quatre sociétés de capital-investissement mondiales afin de recueillir leurs idées pour étudier l'approche la plus appropriée pour son investissement dans Kioxia afin de maximiser la valeur pour les actionnaires.