Selon un rapport de Bloomberg, le géant sud-coréen Samsung a récemment envoyé une demande aux autorités du Texas. L'entreprise demande quasiment un milliard de dollars d'incitations fiscales pour agrandir son usine de semi-conducteurs à Austin et embaucher 1 800 personnes de plus.

Samsung tente-t-il de profiter de la pénurie de semi-conducteurs ?

Alors que les États-Unis veulent faire de la production des semi-conducteurs une priorité nationale, Samsung s'est lancé à la recherche de l'État qui sera le plus généreux. L'entreprise sud-coréenne s'intéresse notamment à Austin. Si Samsung choisit cette ville, c'est pour agrandir son usine actuelle. Celle-ci existe depuis 1997 et emploie à ce jour 10 000 personnes. Austin pourrait donc bien devenir le futur centre névralgique de fabrication des semi-conducteurs de la société.

L'entreprise sud-coréenne prévoit d'investir 17 milliards de dollars et de créer environ 1 800 emplois. Cela donne une idée du projet. Oui mais Samsung ne fera rien si le Texas ne répond pas à ses exigences. La société sud-coréenne demande en échange de cet agrandissement, une réduction de ses impôts fonciers de 100% dans le comté de Travis pendant 20 ans. Une économie de 718 millions de dollars selon la société.

Ce n'est pas tout, Samsung réclame également une réduction de 50% des impôts de la part de la ville d'Austin pendant les cinq prochaines années. Ici la société pourrait économiser 87 millions de dollars. Dans les documents déposés, Samsung précise que ce projet est "hautement compétitif". L'entreprise ne cache pas son intention de sonder des sites alternatifs en Arizona et à New York, ainsi qu'en Corée. Bref, l'entreprise tente de profiter de la situation de pénurie mondiale des semi-conducteurs pour réaliser le meilleur coup. Samsung en demande beaucoup...

Biden pourrait aller dans le sens du géant sud-coréen

Tesla construit également une usine à Austin mais n'a obtenu "que" 60 millions de dollars de rabais fiscaux de la part du comté. Même si les deux usines ne sont pas comparables en raison des différences de coûts, du nombre d'emplois et des salaires... La différence est énorme. Il n'est pas impossible que Samsung ait volontairement choisi de placer la barre haute pour pouvoir négocier par la suite. Ce n'est peut-être qu'une base de négociation. Pour le moment, rien n'est joué et Samsung n'a pas encore gagné.

Sauf que Joe Biden veut s'attaquer à la pénurie de semi-conducteurs et compte bien promouvoir le "Made in America". Le nouveau président américain veut booster la production de puces électroniques aux États-Unis pour réduire la dépendance du pays à son rival chinois. Joe Biden veut créer de nombreux emplois sur le sol américain au cours des prochaines années, et Samsung le sait...