Alors que la guerre commerciale fait rage entre les États-Unis et la Chine, chaque partie utilise des techniques bien distinctes pour nuire à l’autre. Baptisée « le traitement silencieux » par le Wall Street Journal, la méthode chinoise pour mettre des bâtons dans les roues aux entreprises américaines est discrète, mais très efficace.

Du côté américain, de nombreuses mesures ont été prises à l’encontre de firmes chinoises, ce qui a notamment mené aux sanctions contre Huawei, mais également à la quasi interdiction de TikTok à plusieurs reprises sur le sol américain. Récemment, c’est le fabricant de puces électroniques Semiconductor Manufacturing International Corp. qui a été placé sur la liste noire de Donald Trump. Le président a également signé un décret en ce début d’année pour bannir huit autres applications de l’Empire du Milieu.

Mais que se passe-t-il du côté chinois ? Il semblerait que la tactique adoptée par les autorités soit beaucoup plus discrète, mais tout aussi ravageuse : elles ne donnent pas leur accord dans les transactions ou rachats par des entreprises américaines impliquant des firmes chinoises. Les dernières victimes de cette pratique sont Cisco Systems et Applied Materials. L’accord de Cisco pour racheter Acacia Communications pour 2,6 milliards de dollars est ainsi compromis, cette dernière affirmant ne pas avoir obtenu l’approbation du gouvernement chinois. Cisco doit désormais obtenir un mandat auprès d’un tribunal pour empêcher la résiliation de cet accord.

Applied Materials, quant à elle, a augmenté le prix de son rachat de Kokusai Electrics, dont l’accord a été obtenu en 2019, de plus d’1 milliard de dollars. La cause ? Les autorités chinoises n’ont pas donné leur approbation, et la valeur de Kokusai a nettement augmenté durant ce temps. Les géants Qualcomm et Nvidia ont connu des aventures similaires : le premier a dû attendre plus d’un mois pour avoir l’autorisation de racheter Mellanox, tandis que le second a dû annuler son acquisition de NXP Semiconductors car le gouvernement chinois n’a pas donné son feu vert.

Cette technique d’usure peut avoir plusieurs conséquences pour les entreprises américaines : soit elles abandonnent le rachat, ce qui se traduit en une importante perte de temps et d’investissement, soit elles déboursent bien plus que ce qui était prévu, puisque les firmes qu’elles souhaitent acquérir prennent de la valeur au fil du temps… Et cela ne va pas forcément s’arranger avec l’administration Biden. Le démocrate a en effet affirmé qu’il envisageait de faire pression sur la Chine d’une autre manière que Donald Trump : avec les pays alliés des États-Unis.