D’après l’agence de presse Reuters, citée par Bloomberg, l’administration Trump s’apprête à ajouter quatre nouvelles entreprises à sa liste des firmes contrôlées ou possédées par l’armée chinoise. Parmi elles, SMIC, le plus grand fabricant de puces du pays.

La guerre commerciale n’en finit pas

Malgré l’arrivée d’un nouveau président américain au mois de janvier, la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine semble loin de s’achever. Le gouvernement de Donald Trump est en effet bien décidé à sanctionner davantage l’Empire du Milieu. Après l’affaire Huawei, les conflits avec TikTok et WeChat, et avoir considéré Huawei et ZTE comme des menaces pour la sécurité nationale, les autorités vont maintenant allonger la liste des entreprises chinoises supposément liées à l’armée de leur pays.

Cela concerne les sociétés Semiconductor Manufacturing International Corp. (SMIC), China National Offshore Oil Corp. (CNOOC), China Construction Technology et China International Engineering Consulting Corp. Avec leur ajout, la liste noire comptera désormais 35 entreprises chinoises. Un décret signé par Donald Trump, qui prendra effet le 11 janvier 2021, interdit aux firmes américaines d’acheter du matériel à ces entreprises.

De lourdes répercussions pour SMIC

Les répercussions pour SMIC risquent d’être très difficiles à encaisser. En effet, il s’agit du fabricant de puces électroniques le plus important de l’Empire du Milieu, avec des géants comme Qualcomm, Broadcom ou encore Texas Instruments qui ont fait partie de ses clients. Intégrer la liste noire empêchera notamment SMIC de s’approvisionner en matériel auprès de ses fournisseurs américains à l’image de Applied Materials Inc., connue pour confectionner des équipements de fabrication de puces très avancés.

En conséquence, SMIC pourrait continuer de prendre du retard sur sa concurrente Taiwan Semiconductor Manufacturing Co. Cette dernière commercialise d’ores et déjà une technologie de 5 nanomètres, cela correspond à deux générations d’avance sur la firme chinoise, note Bloomberg. Interrogée par Reuters, SMIC a affirmé qu’elle continuerait à « s’engager de manière constructive et ouverte avec le gouvernement américain ». La firme a par ailleurs assuré « n’avoir aucune relation avec l’armée chinoise et ne rien fabriquer pour des utilisateurs ou utilisations finales militaires ».

De son côté, le gouvernement chinois espère que l’arrivée prochaine de Joe Biden changera la donne quant à ses relations avec les États-Unis : « Nous espérons que les Etats-Unis offriront un environnement ouvert, équitable et non discriminatoire aux entreprises chinoises travaillant aux Etats-Unis au lieu d’étirer le concept de sécurité nationale et d’imposer des sanctions ou des mesures discriminatoires aux entreprises chinoises », a ainsi déclaré Hua Chunying, porte-parole du ministère des affaires étrangères.