Les autorités américaines sont sur le point de lancer des poursuites à l’encontre de Facebook, rapporte The Washington Post. En cause : les acquisitions par le réseau social d’Instagram et de WhatsApp, en 2012 et 2014 respectivement.

Racheter la concurrence

Cette annonce n’est évidemment pas une surprise, puisque le sujet est de plus en plus évoqué par les médias outre-Atlantique. Il l’était en septembre déjà puis un mois plus tard, de nouvelles informations à propos de l’acquisition d’Instagram par Facebook sont parvenues aux membres du Congrès. Selon plusieurs sources, l’enquête est désormais dans sa phase finale et devrait aboutir sur des poursuites à l’échelle fédérale.

À propos d’Instagram, il est notamment reproché au réseau social d’avoir préféré acheter la concurrence plutôt que de s’y frotter. Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, nie ces accusations et affirme qu’Instagram n’était pas vu de manière aussi sérieuse : « À l’époque, je ne pense pas que nous ou quiconque considérions Instagram comme un concurrent – comme une grande plateforme sociale polyvalente. En fait, à l’époque, les gens se moquaient de notre acquisition parce qu’ils pensaient que nous dépensions beaucoup plus que nous n’aurions dû pour quelque chose qui était… principalement une application de partage de photos et d’appareils photo ».

Concernant WhatsApp, Facebook avait promis, lors du rachat, que la messagerie garderait son indépendance ainsi que sa sécurité, menant notamment à l’approbation de la transaction par la Federal Trade Commission (FTC). La firme n’a pourtant pas tenu parole en intégrant les données des utilisateurs de l’application à ses autres plateformes, une démarche très douteuse lorsque l’on prend en compte les nombreux dérapages du réseau social en matière de données personnelles…

Un monopole écrasant

Les régulateurs vont ainsi tenter de démontrer à quel point ces rachats ont permis à Facebook de construire un monopole écrasant, et par la même occasion, de détruire la concurrence en laissant un choix très restreint aux utilisateurs en matière de réseaux sociaux. Par ailleurs, le cas va également s’intéresser à l’exploitation des données des utilisateurs d’Instagram et de WhatsApp pour concurrencer les plateformes rivales, à l’image de Vine qui a fermé en 2016.

Facebook est donc en passe de devenir le deuxième membre des GAFA à être poursuivi par les autorités américaines cette année, après Google qui est accusé d’abus de position dominante. Amazon est également dans le collimateur de la justice. Cela fait suite à l’audition historique qui a eu lieu cet été au Congrès américain, durant laquelle les PDG des quatre géants ont été entendus.