Plusieurs personnalités, élus, organisations et associations ont signé une pétition réclamant un Noël sans Amazon. Ils demandent notamment aux Français de ne pas se rendre sur le site du géant du eCommerce pour les cadeaux des fêtes de fin d’année, mais également des mesures bien plus strictes pour limiter le pouvoir de ce mastodonte d’Internet.

Amazon a largement profité de la pandémie

La signature de cette pétition intervient dans un contexte très difficile pour les commerçants français. Ces derniers doivent en effet faire face à un deuxième confinement, mettant un arrêt à leurs activités à un mois de Noël. En conséquence de la distanciation physique promue par les autorités sanitaires, les consommateurs ont davantage recours aux commandes en ligne et se sont tournés vers Amazon pour la praticité offerte par la firme. Elle a de ce fait doublé son chiffre d’affaires pendant le confinement. Les signataires demandent ainsi de venir en aide aux petits commerçants et de consommer local pour arrêter d’enrichir la firme de Jeff Bezos.

Jugée comme une « entreprise prédatrice », Amazon « s’exonère de ses impôts en France et dans tant d’autres de nos voisins européens, ne paie même pas la TVA tout en réalisant un chiffre d’affaires de 7,7 milliards d’euros rien qu’en France », note la pétition. Parmi les signataires, se trouvent notamment Anne Hidalgo, Delphine Batho, François Morel, José Bové, Greenpeace, France Nature Environnement ou encore Biocoop.

Des mesures plus sévères pour faire face à un mastodonte d’Internet

Ils vont encore plus loin en exigeant des mesures strictes de la part des politiques, et somment les Français de se diriger vers des alternatives à Amazon, à l’image du « click & collect », du « do it yourself » ou encore de « l’économie circulaire ». Ils appellent, en outre, à mettre fin à « l’injustice fiscale » et à la « concurrence déloyale » :

« Des lois qui protègent mieux ses employés. Des lois qui permettent enfin de taxer les profits immenses d’Amazon et dont le produit pourrait abonder un fonds exceptionnel pour le maintien des commerces de proximité. Des lois utiles à notre économie plutôt qu’à accroître encore davantage la fortune déjà délirante de Jeff Bezos (plus de 200 milliards de dollars soit le PIB de la Grèce), qui bondissait de 30% durant les trois ».

Pour rappel, Amazon a récemment mis en avant des produits made in France suite à des dénonciations du Conseil national des centres commerciaux par rapport au Black Friday qui approche à grands pas. Face à ces nombreuses accusations, le géant du web se défend en rappelant qu’il a créé plus de 9 000 emplois sur le territoire français. En outre, la Commission européenne enquête actuellement sur d’éventuelles pratiques déloyales de l’entreprise qui risque, si jugée coupable, une amende de plusieurs milliards d’euros. Elle est également sous le coup d’une enquête antitrust outre-Atlantique.