Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire, a annoncé, le dimanche 1er novembre, une enveloppe de 100 millions d’euros dédiée à la digitalisation des petits commerces français. L’objectif est simple : il souhaite qu’au moins la moitié des commerces soient digitalisés, contre 1 sur 3 à l’heure actuelle. De plus, le ministre ambitionne travailler main dans la main avec La Poste pour aider les commerces dans les petites communes à créer leurs plateformes sur lesquelles les Français pourront retrouver les enseignes de leur quartier : “la vente en ligne doit permettre à ces acteurs de rebondir”. Bercy a également annoncé en mars dernier une plateforme interactive, France Num, destinée aux commerçants, aux artistes et aux indépendants, pour les outiller sur le lancement de son développement digital.

Comportement patriotique

Bruno Le Maire a invité les Français à adopter un comportement patriotique et et à favoriser les commerces de proximités, au lieu d’acheter sur Amazon, à qui cette crise profite. D’où l’objectif du gouvernement à digitaliser les petits commerces.

“Si vous pouvez trouver votre jouet dans un commerce de proximité, votre livre chez un libraire indépendant et qu’il suffit de passer un coup de fil pour le commander, faites-le ! Vous soutenez votre commerçant de proximité et vous participez à la relance de l’activité française”, a t-il ajouté. Le gouvernement a encouragé les Français à continuer le “click and collect”, une activité pourtant difficile puisque deux tiers de ces boutiques n’ont pas de site internet.

“Il ne faut pas qu’Amazon soit le grand gagnant de cette crise au détriment de nos petites entreprises”, a martelé le ministre. En effet, Amazon a doublé ses profits par rapport à la même période l’an dernier. Amazon a mis en place une plateforme uniquement dédiée aux produits français, un coup de communication qui pourrait toutefois toujours impacter de façon néfaste les petits commerçants français. Bruno Le Maire a d’ailleurs demandé au géant américain de suspendre immédiatement sa campagne publicitaire faisant la promotion du Black Friday, le 27 novembre prochain.

Polémique en plein confinement

Plus de 200 000 commerçants français sont en difficulté depuis l’entrée en vigueur du 2ème confinement national le 30 octobre 2020, alors même que les prédictions les plus pessimistes avaient écarté l’hypothèse d’un nouveau confinement.

En pleine polémique, les Français n’ont pas hésité à exprimer leur colère envers le gouvernement, qui a autorisé la vente de produits non-essentielles dans les grandes surfaces, alors que les petits commerces de proximité ont dû baisser le rideau.

En réaction à cette onde de choc franco-française, le gouvernement a été contraint de rectifier le tir en interdisant tous les rayons qui ne relèveraient pas de première nécessité dans les grandes surfaces. Le ministre a rappelé à l’ordre tous les Français, en leur rappelant une fois de plus que le pays fait face à une crise sanitaire sans précédent, et que l’objectif principal de l’heure actuelle est de lutter contre le virus, qui tue des centaines de personnes chaque jour. “Plus vite nous respecterons les mesures, plus vite nous en sortirons”, a rappelé le ministre.

Aider les plus fragiles
“Je sais que les commerçants français sont dynamiques et aiment travailler. On va les aider financièrement”, a lancé Bruno Le Maire. En effet, les PME seront financièrement aidées jusqu’à 10 000 euros par mois, et la prise en charge d’un mois de loyer sur trois sera effective. Les chiffres sont alarmants : la crise a durement frappé plusieurs secteurs tels que l’événementiel, le tourisme, mais pas que. Une étude du Conseil d’Analyse Économique a démontré que cette crise sanitaire a creusé les inégalités sur la consommation et l’épargne des ménages. Les plus pauvres puisent de plus en plus dans leurs réserves et s’endettent. L’étude nous apprend aussi la baisse significative de la consommation, de l’ordre de 6,3%, par rapport à l’an dernier.

Face à ces constats inquiétants, le gouvernement assure être au rendez-vous : “Nous apporterons le soutien financier nécessaire à ceux les plus touchés par la crise, les plus fragiles”. “L’égalité a un sens, s’il faut aider les plus fragiles, nous le ferons”, ajoute Bruno Le Maire, qui assure vouloir que les commerces rouvrent leurs portes au plus vite, peut-être dès le 12 novembre prochain si la situation sanitaire le permet.