La Chine est incontestablement le pays du jeu vidéo. Pourtant, et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas dans les grandes villes chinoises que la ferveur pour le gaming est la plus forte. En effet, selon une étude menée par le cabinet Niko Partners, ce sont les plus petites agglomérations qui sont responsables de plus de la moitié des revenus générés par le secteur du jeu vidéo dans l’Empire du Milieu.

Cette année, le jeu vidéo générera 40,85 milliards de dollars en Chine

En 2020, la Chine générera à elle seule 40,85 milliards de dollars dans le secteur du gaming selon une étude menée par Newzoo. Elle se place ainsi en tête du classement des pays les plus porteurs pour le jeu vidéo, loin devant les États-Unis (36,92 milliards de dollars) et le Japon (18,68 milliards de dollars) qui ferment le podium. La France arrive en 7ème position du classement avec « à peine » 3,98 milliards de dollars générés selon les prévisions. Des chiffres vertigineux qui prouvent bien que la Chine, qui admet de plus en plus de jeux étrangers au sein de son territoire, est la reine incontestée du gaming au niveau mondial.

Les petites villes se démarquent

Le cabinet Niko Partners a néanmoins souhaité aller plus loin, en s’intéressant de plus près à la répartition de cette économie au niveau national. C’est ainsi que l’on apprend que les villes les plus rentables pour le secteur du jeu vidéo en Chine ne sont pas forcément les plus grandes, bien au contraire. Selon l’étude publiée, « 76% des gamers en Chine vivent dans des villes de rang 3 à 5 et génèrent à eux seuls 70% des revenus dans le gaming ». Notons que des villes telles que Pékin (21,54 millions d’habitants) et Shenzhen (12,53 millions d’habitants) sont présentées comme des villes de rang 1.

Selon Lisa Cosmas Hanson, fondatrice et présidente de Niko Partners, ce succès du jeu vidéo dans les plus petites agglomérations chinoises a une explication : avec « moins de choses à faire pour se divertir » dans les petites villes, « les joueurs passent leur temps avec des divertissements peu coûteux qui peuvent être vecteurs d’interactions sociales ». En outre, l’amélioration des réseaux et données mobiles aurait également contribué à ce phénomène, tout comme l’arrivée de smartphones Android à des prix toujours plus accessibles.

Enfin, Lisa Cosmas Hanson révèle des comportements différents entre les joueurs habitant les petites villes et leurs homologues vivant dans de plus grandes agglomérations. Les premiers auraient tendance, par exemple, à « garder les publicités » dans leurs jeux et à dépenser moins d’argent dans les achats in-app, bien que le niveau de dépense global reste assez élevé.