David Howard et son équipe de chercheurs de l’Université Royal Holloway de Londres, ont réussi à reproduire le son de la voix de Nesyamun, une momie morte il y a plus de 3 000 ans.

Nesyamun retrouve une voix grâce à l’impression 3D

Grâce à l’impression 3D, un scanner et un larynx électronique, des chercheurs ont réussi à redonner une voix à Nesyamun, une maman égyptienne qui a vécu vers 1 100 avant J.-C. En créant une réplique imprimée en 3D du larynx de Nesyamun, les chercheurs estiment que la sonorité créée est probablement très proche de la voix de cette égyptienne. David Howard précise que : « nous avons recréé un son à partir du larynx de Nesyamun, en repartant exactement de la position dans laquelle il se trouve dans le cercueil ».

Des chercheurs redonnent une voix à Nesyamun.

Crédit : Scientific Reports

Alors, à quoi ressemble la voix d’un mort de plus de 3 000 ans ? Dans sa position momifiée, l’appareil vocal de Nesyamun émet un drôle de son, assez grave. Les chercheurs précisent que ce son n’est probablement pas celui que Nesyamun aurait fait de son vivant, mais que : « comme son cou est incliné vers l’arrière, sa langue est sur le dessus de ses dents inférieures. Aucun air ne sort. Il ne s’agit donc pas d’une position idéale pour prendre la parole ».

Une aubaine pour les musées

Les chercheurs expliquent que pour la plupart des cadavres, les tissus mous se désintègrent rapidement. C’est précisément pour cela que les égyptiens momifiaient leurs morts. En effet, la momification peut préserver ces structures pendant des milliers d’années. Ce fut notamment le cas pour Nesyamun, qui travaillait comme scribe et prêtre au temple de Karnak pendant le règne de Ramsès XI. Avec la corps de Nesyamun, les chercheurs ont constaté qu’il y avait suffisamment de tissus mous pour mesurer les dimensions de ses voies respiratoires du larynx aux lèvres.

David Howard est convaincu que le fait de recréer une voix morte depuis longtemps, même avec une simulation imparfaite, pourrait aider les musées à rendre l’histoire plus accessible. L’un des membres de son équipe précise que : « lorsque les visiteurs rencontrent le passé, c’est le plus souvent dans le cadre d’une rencontre visuelle. Avec cette voix, nous pouvons changer cela et rendre la rencontre avec le public multisensorielle ».