L’exposition aux contenus choquants ou violents peut faire des ravages chez les personnes les plus vulnérables, notamment chez les plus jeunes. Afin de protéger ses utilisateurs, Instagram a décidé de bannir tous les contenus liés à l’automutilation ou au suicide, cela inclut aussi les bandes-dessinées et les mèmes.

Les jeunes sont surexposés au contenu violent sur Instagram

Instagram veut protéger les plus vulnérables en leur empêchant l'accès aux contenus violents © Sharon McCutcheon / Unsplash

En 2017, une adolescente britannique de 14 ans nommée Molly Russell mettait fin à ses jours. Son père avait par la suite découvert une quantité impressionnante de contenu en rapport avec le suicide sur son compte Instagram. Après cette tragédie, le PDG d’Instagram Adam Mosseri avait rencontré des experts de santé et annoncé plusieurs mesures afin de mieux protéger les utilisateurs de sa plateforme.

Depuis le mois de février 2019, aucun visuel représentant explicitement l’automutilation ou le suicide n’est autorisé sur le réseau social. Instagram s’efforce également à aider les personnes recherchant ce type de contenus en les dirigeant vers des organismes d’aide et d’écoute. En plus de cela, le contenu non-explicite lié à l’automutilation et au suicide, comme une cicatrice par exemple, n’est plus accessible via la barre de recherche, la fonctionnalité Explore ou les hashtags.

Instagram va encore plus loin

Les résultats obtenus par Instagram depuis le mois de février sont très encourageants. “Dans les trois mois suivant notre changement de politique, nous avons supprimé, réduit la visibilité ou ajouté un écran de sensibilité à plus de 834 000 contenus”, a expliqué Adam Mosseri. “Nous avons été capables de repérer 77% de ces contenus avant même qu’ils ne nous soient signalés”, a-t-il précisé.

Instagram a aujourd’hui décidé d’aller encore plus loin en interdisant tous les contenus liés à ces pratiques, même les moins explicites. Dessin, visuel issu de film ou de comics, mème… la plateforme a décidé de frapper un grand coup afin d’exposer le moins de personnes possibles à ces images violentes.

Trouver le bon équilibre

Le patron d’Instagram rappelle toutefois que ces mesures peuvent aussi avoir des répercussions négatives. En effet, de nombreuses personnes en difficulté se tournent vers les réseaux sociaux à la recherche de réconfort et peuvent y rencontrer des internautes ayant connu les mêmes problèmes. Instagram souhaite donc “trouver le difficile équilibre entre permettre aux gens de partager leur expérience sur la santé mentale et protéger les autres de l’exposition à des contenus potentiellement dangereux”.

Une chose est sûre, le travail est encore long et malheureusement, les réseaux sociaux ne sont pas les seules entités concernées par ce phénomène de société. Adam Mosseri promet toutefois d’aller encore plus loin dans sa démarche. D’ailleurs, Instagram rencontre chaque mois des experts et collabore avec l’Institut suédois spécialisé en santé mentale MIND, afin de mieux comprendre l’impact de la technologie et des réseaux sociaux sur les jeunes.

Instagram n’est pas la seule plateforme à avoir pris de telles mesures. Au mois de septembre, Facebook annonçait également plusieurs nouveautés afin de prévenir le suicide.