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Les données intimes de 3M d’utilisateurs Facebook découvertes en accès libre via un test de personnalité

Et ça continue encore et encore. C'est que le début d'accord, d'accord...

Alors que Facebook s’est déjà renforcé financièrement du scandale lié à la fuite de données exploitées par Cambridge Analytica, voilà qu’une nouvelle découverte vient relancer le sujet. Deux journalistes de New Scientist ont découvert une base de données de 3 millions d’utilisateurs Facebook, avec des éléments intimes sur chaque profil.

Ces profils Facebook ont été aspirés de la même manière que ceux concernés par Cambridge Analytica : via un quiz de personnalité. Des universitaires de l’Université de Cambridge ont distribué les données tirées de l’application myPersonality à des centaines d’autres chercheurs par le biais d’un site. Ce dernier étant très mal protégé, l’accès illicite à la base était « relativement facile », et ce durant plus de quatre ans.

Lors de sa grande investigation sur les applications en violation des règles d’utilisation, Facebook a suspendu myPersonality le 7 avril. On apprendra plus tard qu’au total, 200 applications ont été mises hors service par le réseau social, il est donc possible que d’autres informations comme celle-ci ressortent dans les semaines à venir, même si l’on s’y attend déjà.

Un petit Cambridge Analytica

New Scientist livre des détails sur le contenu de la base de données qui comprend des informations « hautement sensibles ». On y retrouve notamment les résultats des tests psychologiques. Bien qu’ils soient anonymisés, les deux journalistes précises qu’il est facile d’identifier à qui appartient un résultat.

Cette base et l’application liée nous livrent même les noms de ses deux propriétaires : David Stillwell et Michal Kosinski. Tous deux chercheurs au Centre de Psychométrie de l’Université de Cambridge. Pire, Alexandr Kogan, créateur du test exploité par Cambridge Analytica, aurait également collaboré à la création du quiz myPersonality jusqu’à l’été 2014.

Au total, un peu plus de 6 millions de personnes sont allées jusqu’au bout du test. Néanmoins, ‘seulement’ 3 millions ont accepté de partager les données de leur profil Facebook. Pour ensuite accéder officiellement aux données, il fallait s’enregistrer comme participant au projet. Ainsi, plus de 280 personnes de 150 entités différentes ont pu se penser sur la base, dont des chercheurs dans des universités, ou de grandes entreprises comme Google, Yahoo, Microsoft, ou même Facebook.

Enfin, les deux créateurs du test ont pris part à la création d’une société appelée Cambridge Personality Research, et devinez quelle était sa raison d’être … Vendre l’accès à un outil de ciblage publicitaire basé sur la personnalité des utilisateurs.

Contacté par New Scientist, David Stillwell a déclaré que Facebook était au courant de l’existence et de l’usage de l’application. « Il est un peu étrange que Facebook prétende soudain ne pas avoir été au courant de myPersonality et croire que l’utilisation des données était une violation de ses termes. » Il précise même que lui et son comparse auraient eu plusieurs réunions avec Facebook, et ce dès 2011.

Il fallait s’attendre, à la sortie du scandale Cambridge Analytica, que d’autres histoires du même genre allaient voir le jour. Ce qui est déroutant, c’est qu’il s’agit une nouvelle fois d’un test de personnalité dont les données ont été exploitées pour effectuer des ciblages publicitaires, qu’il a été développé au sein de l’Université de Cambridge, et que l’on retrouve à nouveau Alexandr Kogan dans le projet. Mais peut-être n’est-ce qu’une coïncidence.

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