Elon Musk était l’invité phare du salon VivaTech ce vendredi 16 juin. Interviewé par Maurice Lévy, président de Publicis, la deuxième agence de publicité du monde, le milliardaire a fait un point sur la situation de l’ensemble de ses entreprises. Il a notamment qualifié de « formidable » la nouvelle PDG de Twitter, Linda Yaccarino.

Elon Musk souhaite créer une vie multiplanétaire

Dans une salle comble de 4 000 personnes, Maurice Lévy ironise en amont de l’interview, « tout le monde voulait venir, il a fallu changer de salle pour le Dôme de Paris car une salle de 1 500 personnes était trop petite ». Pour commencer, l’organisateur a énuméré le parcours d’Elon Musk et ses créations comme PayPal, Tesla, Space X ou encore OpenAI. Après avoir plaisanté plusieurs fois sur la perception de sa propre personne, Elon Musk a clamé « je ne suis définitivement pas le Mal, ça c’est sûr. Vous pouvez voir une auréole au-dessus de ma tête ».

Trêve de plaisanterie, Maurice Lévy a interrogé le milliardaire sur ses objectifs pour l’entreprise SpaceX. Elon Musk a indiqué vouloir à terme « créer une vie multiplanétaire ». Il a tout de même nuancé « nous devons être conscients de notre place sur Terre ». Il a d’ailleurs révélé n’avoir jamais vu d’OVNI, « je pense que nous sommes les seuls êtres conscients dans cette galaxie. »

Le milliardaire co-créateur d’Open AI maintient son opinion sur les intelligences artificielles

En cours de conférence, Antoine Arnault du groupe LVMH, la PDG d’Orange Christel Heydemann et Delphine Viguier Hovasse, directrice générale internationale de L’Oréal Paris ont rejoint la table ronde. Le fils de Bernard Arnault a indiqué avoir tenté, avec succès, de réaliser une publicité avec Midjourney, l’intelligence artificielle (IA) génératrice d’images. Il s’est, ensuite, interrogé sur le futur de l’industrie de la publicité et de la production. « L’IA va être une puissance de rupture, la plus importante de toute l’Histoire. Mais nous, être humains, sommes plus intelligents que d’autres créateurs. Pour la première fois, on peut avoir un être plus intelligent que nous, » a répondu Elon Musk.

Elon Musk, Maurice Lévy, Antoine Arnault du groupe LVMH, la PDG d’Orange Christel Heydemann et Delphine Viguier Hovasse, directrice générale internationale de L'Oréal Paris sur scène à VivaTech.

Elon Musk, Maurice Lévy, Antoine Arnault du groupe LVMH, la PDG d’Orange Christel Heydemann et Delphine Viguier Hovasse, directrice générale internationale de L’Oréal Paris sur scène à VivaTech. Photographie : Dylan Tracz / Siècle Digital.

« Avec ce type de technologie, on a créé une époque d’abondance, tous les services seront disponibles à la demande. C’est le côté positif de l’intelligence artificielle : l’abondance, » a-t-il poursuivi. Il nuance, tout de même, en rappelant qu’il souhaite un moratoire pour réguler les IA. « Je pense qu’on devrait interrompre les évènements. Il y a un danger autour de la superintelligence. Peut-être que cela précipitera des conséquences catastrophiques ». Des paroles qui suivent ses actes : fin mars, le milliardaire et de nombreux scientifiques avaient signé une lettre pour interrompre pendant au moins six mois le développement des IA très avancées comme GPT-4.

Elon Musk se proclame sauveur de Twitter

En octobre dernier, Elon Musk a racheté Twitter pour 44 milliards de dollars. Maurice Lévy l’a interrogé sur sa réelle intention derrière l’acquisition du réseau social. « Dans un premier temps, je n’étais qu’un simple utilisateur. Mon compte est rapidement devenu l’un des plus importants de la plateforme, » s’est targué le propriétaire de l’entreprise. « Je suivais cela de très près et je pressentais la direction des événements (…) Je trouvais que Twitter avait des influences négatives sur la civilisation et tout ce qui met à mal la civilisation est mauvais par essence. Il fallait faire en sorte que Twitter reprenne un cap positif. »

Il en a profité pour faire un bilan positif depuis le rachat du réseau social : 90% de bots et spams en moins, 95% de contenus pornographiques et pédopornographiques en moins, un algorithme libre et accessible, un pic du nombre d’utilisateurs. « Je suis clairement satisfait de ces premiers résultats, » s’est-il félicité. Interrogé par Delphine Viguier Hovasse sur le rôle de Linda Yaccarino, nouvelle patronne de Twitter et chargée de faire revenir les annonceurs sur la plateforme, Elon Musk a affirmé que « Linda est formidable et fera des choses formidables pour le réseau social. Elle saura comprendre le point de vue des annonceurs et faire en sorte d’adapter le contenu présent sur Twitter pour les marques. » Depuis l’arrivée d’Elon Musk à la tête de Twitter, de nombreux annonceurs ont en effet choisi d’arrêter leurs investissements publicitaires sur le réseau social.

Les fans ont pu interroger Elon Musk

En fin de conférence, la table ronde s’est tournée vers le public afin de pouvoir poser quelques questions. Dans un brouhaha général et des fans voulant parler avec leur gourou, Elon Musk a répondu sur la participation de Starlink dans la guerre en Ukraine. « La situation est très complexe. Starlink a joué un rôle crucial car la Russie a détruit tous les systèmes de communication et Starlink est le seul qui a pu perdurer, » explique-t-il. Le Sud-Africain s’est également ému du manque de résolution de la guerre en cours, « c’est extrêmement triste que de jeunes ukrainiens et russes soient en train de mourir sur les champs de bataille en ce moment. »

Interrogé sur Neuralink et le délai pour commercialiser sa technologie, « tout le monde ne va pas être équipé d’un seul coup. On va faire cette année notre première implantation sur quelqu’un de tétraplégique, » a-t-il défendu. « Si Stephen Hawking était en vie, ça lui serait très utile. » Sujet le plus attendu de la conférence : l’installation d’une gigafactory Tesla en France. Elon Musk n’a pas répondu malgré les nombreuses interventions criées par des journalistes présents sur place.