Dans des documents soumis par Samsung au bureau du contrôleur des comptes publics du Texas, rendus publics le 20 juillet, l’entreprise envisage d’investir 200 milliards de dollars dans l’industrie des semi-conducteurs aux États-Unis. Bien que purement hypothétique pour le moment, ce projet d’investissement est conditionné par plusieurs facteurs, dont la validation par le Congrès du Chips Acts. Si cela aboutit, la somme permettrait de construire onze nouvelles usines. Le pays renforcerait largement sa position dans cette industrie, actuellement dominée par l’Asie.

Un investissement hypothétique pour l’horizon 2034

Rien n’oblige Samsung à garantir cet investissement de 200 milliards de dollars. Pourtant, le fabricant sud coréen a bien fait comprendre que si les États-Unis se montrent convaincants, il pourrait mettre en place cette stratégie dans les deux prochaines décennies. Cela augmenterait drastiquement sa production de puces sur le territoire américain.

Déposé fin mai auprès du bureau du contrôleur des comptes publics du Texas, ce projet d’investissement est en partie motivé par l'expiration, en fin d’année 2022, d’un programme de réduction de l’impôt foncier pendant dix ans, mis en place par le Texas pour inciter au développement de l’industrie sur son territoire. Samsung prend les devants et cherche dans un premier temps à évaluer la viabilité d’un tel investissement.

Ces 200 milliards de dollars aboutiraient à la construction de neuf nouvelles usines de semi-conducteurs dans la ville de Taylor dans le Texas et à une usine supplémentaire à Austin. La production ne serait alors pas opérationnelle avant 2034 au plus tôt. L’entreprise dispose déjà de deux usines à Austin, qui fait office de véritable centre technologique aux États-Unis. L’année dernière Samsung avait déjà annoncé un investissement de 17 milliards de dollars pour la construction d’une troisième usine.

Le Chips Acts pourrait être déterminant dans la stratégie de Samsung

Le facteur déterminant dans la mise en place de cet investissement majeur reste l’adoption du Chips Acts par le Congrès américain. Les législateurs prennent du temps à se mettre d’accord sur un texte commun pour ce projet de loi bipartisan qui promet un investissement de 52 milliards de dollars pour développer l’industrie des semi-conducteurs. Cela avait poussé le fabricant américain Intel a exprimé son mécontentement et à retarder l’inauguration de sa nouvelle usine dans l’Ohio.

Agacée, la Secrétaire au Commerce des Etats-Unis, Gina Raimondo, a répété jeudi 21 juillet l’importance de l’adoption de cette loi dans l’intérêt du pays. Selon elle, les investissements Samsung seraient transformationnels pour l’industrie américaine des semi-conducteurs, la création d’emplois et l’innovation. Elle presse une nouvelle fois le Congrès à trouver un accord sur le texte de loi.

Greg Abbott, gouverneur du Texas, estime que cet investissement de Samsung rapporterait des milliards de dollars de capitaux supplémentaires pour aider à renforcer la position de l’État comme « leader de la nation dans l’industrie des semi-conducteurs ».

Le Wall Street Journal précise qu’il n’est pas clair pour le moment si ces 200 milliards de dollars font partie d’un autre plan d’investissement de 343 milliards de dollars annoncé plus tôt par Samsung pour le développement de son activité dans les cinq prochaines années. L’entreprise coréenne compte bien se renforcer, mais il faudra attendre pour savoir si cela se fera en collaboration avec les États-Unis.