Les rumeurs partagées le 23 mai dernier concernant l’acquisition de VMware, concepteur de logiciels, par le fabricant américain de semi-conducteurs, Broadcom, sont avérées. Avec ce rachat, la société californienne diversifie ses activités au-delà des composants électroniques et confirme sa stratégie d’acquisitions dans le secteur des logiciels. L’antitrust américain devra toutefois examiner l’affaire.

VMware, deuxième plus grosse acquisition de l’année

Cette acquisition est la deuxième plus importante en 2022 après le rachat d’Activision-Blizzard par Microsoft pour 69 milliards de dollars. Broadcom a officialisé le 26 mai via un communiqué une transaction à hauteur de 61 milliards de dollars. Le rachat se fera sous la forme de liquidité et d’actions. Broadcom assumera aussi les 8 milliards de dollars de dette de VMware.

Broadcom élargit ses activités dans le secteur des logiciels depuis plusieurs années. En 2018, le fabricant a racheté CA Technologies, éditeur de logiciels de gestion de projets, pour 19 milliards de dollars. Il a ensuite acheté Symantec, spécialiste de la cybersécurité, pour 10,7 milliards de dollars en 2019. VMware, qui conçoit des logiciels professionnels,s’inscrit dans la droite lignée de cette stratégie.

TechCrunch précise que VMware avait fait l’acquisition de plusieurs start-up qui représentent des atouts majeurs pour Broadcom. Heptio, spécialiste du système Kubernetes, plateforme open source qui permet l’utilisation d’applications sur n’importe quel réseau d’entreprise, est l’une d’entre elles. VMware possède aussi Pivotal, un service de support pour les entreprises en transition technologiques vers des systèmes plus modernes.

Une affaire surveillée de près par l’antitrust américain

Le directeur général de VMware, Raghu Raghuram, a déclaré que « combiner nos actifs et nos équipes talentueuses avec le portfolio de logiciels déjà existant de Broadcom, le tout sous la marque de VMware, permet de créer un acteur remarquable parmi les entreprises de logiciels. »

D'après Holger Mueller, analyste au sein de la société de conseil Constellation Research interrogé par TechCrunch, il existe une véritable synergie entre les trois entreprises de logiciels CA Technologies, Symantec et VMware, que possède dorénavant Broadcom.

Cependant, cette diversité dans les activités de Broadcom ne va pas jouer en faveur de l’acquisition, qui doit encore être examinée par l’autorité américaine antitrust. En tant que rachat de plus de 60 milliards de dollars, le deuxième plus gros de l’année, la Federal Trade Commission (FTC) va se pencher sérieusement sur cette affaire. Même si la FTC est débordée par les fusions, elle avait accusé Broadcom d’abus de position dominante en 2021. Il y a donc peu de chance qu’elle fasse preuve de laxisme envers le fabricant.