La Commission fédérale du commerce (FTC) des États-Unis a poursuivi Broadcom pour avoir exercé un comportement monopolistique dans le secteur des composants de semi-conducteurs. Parmi les faits qui sont reprochés au fabricant de puces, on retrouve notamment des menaces proférées à l'encontre de ses clients ainsi que des accords exclusifs illégaux, rapportent nos confrères de The Verge ce 2 juillet 2021.

Entre menaces et accords exclusifs illégaux

Dans la plainte de la FTC, il est révélé qu'à partir de 2016, Broadcom aurait conclu des accords "exclusifs ou quasi-exclusifs" avec au moins 10 entreprises fabriquant des décodeurs vidéo et des modems. Le fabricant de puces aurait exigé de ses partenaires "stratégiques" qu'ils utilisent une variété de composants Broadcom, même si ces derniers ne constituaient pas la meilleure option pour un appareil donné. Les partenaires non-exclusifs devaient, quant à eux, payer des prix plus élevés pour des livraisons de produits et un support client plus lents.

La FTC révèle également que lorsque les fabricants faisaient des offres pour que les fournisseurs de câble et d'Internet comme AT&T et Verizon achètent leurs produits, Broadcom "surveillait activement" si l'un de ces dits produits comprenait des composants venus de ses concurrents. Selon l'agence américaine, le fabricant de puces "a fait savoir à ses clients que la déloyauté, ne serait-ce que pour une seule offre concernant un seul produit pertinent, pouvait entraîner la perte des conditions de partenariat stratégique".

De la même façon, Broadcom aurait exercé des représailles à l'encontre d'une entreprise qui n'avait pas encore accepté d'accord d'exclusivité, en lui coupant "toute fourniture et tout soutien" lorsqu'elle a soumis une offre comprenant un composant provenant d'une société concurrente. L'entreprise en question aurait alors retiré son offre, et signé l'accord d'exclusivité avec Broadcom.

La FTC exhorte Broadcom à renoncer ses comportements monopolistiques

Pour remédier à cette situation, la FTC a proposé à Broadcom de signer une ordonnance de consentement. Au travers de celle-ci, le fabricant de puces accepterait de renoncer à ses accords d'exclusivité restrictifs. Interrogée par The Verge, l'entreprise a fait savoir qu'elle était prête à collaborer : "Nous sommes heureux d'avancer vers la résolution de cette affaire avec la FTC à des conditions qui sont substantiellement similaires à notre accord précédent avec la Commission européenne". En effet, rappelons qu'au mois d'octobre 2020, Broadcom avait déjà accepté de renoncer à ses clauses d'exclusivité avec les fabricants de téléviseurs et de modems sous la pression de la Commission européenne.

Un porte-parole de Broadcom a conclu : "Bien que nous ne soyons pas d'accord pour dire que nos actions ont violé la loi et que nous ne sommes pas d'accord avec les caractérisations de notre activité par la FTC, nous sommes impatients de mettre cette affaire derrière nous et de continuer à nous concentrer sur le soutien de nos clients dans un environnement de transformation numérique accélérée".