Le feuilleton ARM Chine n’en finit plus. Alors que le conseil d’administration a une nouvelle fois ordonné la démission du PDG, Allen Wu, celui-ci s'accroche fermement à son poste. Cette affaire ubuesque traîne depuis deux ans. Un obstacle pour l’introduction en Bourse de la société mère ARM par son propriétaire, SoftBank.

ARM Chine veut conserver son statut

Le 29 avril, le fabricant de puces a conçu un nouveau plan pour le départ de Wu de son poste de PDG. Il devait être remplacé par deux co-directeur, Liu Renchen, conseiller du gouvernement, et Eric Chen, négociateur de SoftBank en discussion avec les autorités. Alors qu’on pensait l’affaire en bonne voie pour être résolue, Allen Wu n’a toujours pas bougé de son siège.

Début mai, SoftBank a effectué les formalités administratives nécessaires pour sécuriser la prise de contrôle d’ARM Chine. En même temps, un message a été diffusé via les réseaux en ligne de l'entreprise. Celui-ci a été écrit par des employés qui s'opposent aux changements de direction.

The Register rapporte que ce message accuse ARM de vouloir prendre le contrôle de ARM Chine, alors qu’elle possède des parts minoritaires dans la coentreprise. Un consortium chinois possède 51% des parts depuis 2018. D’après Wu, le plan d’acquisition ignorerait le but premier d’ARM Chine : fournir des puces au marché chinois. Si l’acquisition se finalise, l'entreprise chinoise deviendrait une société affiliée non contrôlée. Ce statut l'empêcherait d’avoir accès gratuitement aux licences d’ARM.

Des poursuites pour désinformation ?

Reuters révèle que l’entreprise envisage des poursuites judiciaires contre tous ceux qui utilisent les réseaux sociaux d’ARM Chine pour diffuser des « fausses informations ». En effet, Wu et ses soutiens utilisent les réseaux sociaux d’ARM Chine pour exprimer leur opposition. Ils passent aussi par WeChat et les autres sites web associés à l’entreprise pour diffuser leurs messages.

Jeudi 5 mai, ARM Chine a déclaré via son compte Weibo que «Wu refuse de se plier à la décision du conseil d’administration, il a délibérément défié la loi et il refuse de céder ses fonctions de gestion de l’entreprise. » La société précise qu’à partir de maintenant elle s’exprimera uniquement à travers son compte Weibo pour éviter la confusion avec les messages de Wu.

Impossible de savoir quand la situation sera résolue. ARM Chine représente 25% des recettes annuelles d’ARM. La révolte de Wu et de certains employés au sein de la filiale pourrait rendre son introduction en bourse moins rentable. Celle-ci doit se faire avant mars 2023 si la situation ne se détériore pas.