Nouveau tour de vis pour les firmes de la Tech en Chine. Le Ministère de l’Industrie et des Technologies de l’Information (MIIT) du pays a dévoilé le 26 juillet un “programme de rectification” de six mois visant les géants du numérique. Cela concerne principalement les pratiques anticoncurrentielles ainsi que la sécurité des données.

La grande réforme du numérique se poursuit en Chine

Avec ce nouveau processus, la Chine souhaite traiter les “problèmes difficiles” de l’industrie de la Tech. Parmi eux, “les connexions Internet non autorisées”, ou encore la violation des droits des utilisateurs.

"Cette annonce semble indiquer que le MIIT s'attaquera, entre autres, aux problèmes d'interopérabilité et de concurrence déloyale", a déclaré au Wall Street Journal Angela Zhang, auteur de Chinese Antitrust Exceptionalism et professeur agrégée de droit à l'Université de Hong Kong. "Cela signifie que les géants chinois de la technologie seront confrontés à des pressions d'autres régulateurs".

À travers ce programme de rectification qui comprend 22 éléments, les entreprises devront revoir plusieurs points. Parmi eux, les fenêtres pop-up jugées un peu trop “envahissantes” par le Ministère, ou qui pourraient contenir des informations trompeuses.

Le MIIT a indiqué que 14 services, dont une application d’ebooks de QQ, détenue par Tencent, auront jusqu’au 3 août pour rectifier leurs pratiques. La firme a déjà pris les devants pour son application star, WeChat, en suspendant l’inscription de nouveaux utilisateurs chinois pour se conformer “aux lois et réglementations pertinentes”.

Des actions en chute libre

En Bourse, les titres des entreprises chinoises cotées aux États-Unis continuent de plonger au fil des réglementations. L’inquiétude des investisseurs se fait de plus en plus importante. Ils craignent que de nouvelles lois plus strictes que les précédentes soient imposées aux géants du numérique, et les affectent davantage. Lundi, peu de temps après cette dernière annonce, les actions de Tencent ont chuté de 7,7% tandis que celles de Meituan, firme d’e-commerce, de 14%. Alibaba n’a pas été épargné, avec une baisse de plus de 6%. Depuis, les actions de Tencent ont baissé de 17%, celle de Meituan de 24%, et Alibaba 10,8%.

“Nous ne voyons pas d'opportunité d'achat lors de cette baisse de cours. Les récentes mesures de répression réglementaires en Chine sont le début, et non la fin, d'un contrôle et d'un commandement accrus de la part des dirigeants chinois”, a déclaré à Bloomberg David Trainer, PDG de New Constructs, une société de recherche en investissement basée à Nashville, aux États-Unis.

En Chine, ces réglementations ne sont que les premières imposées aux géants du numérique. Ces derniers mois, nombreux d’entre eux ont été visés par des enquêtes, menées aussi bien par l’Administration d’État pour la régulation des marchés (SAMR) que l’administration chinoise du cyberespace (CAC). Alibaba a déjà été sérieusement sanctionnée et s’est vu infliger une amende de 2,3 milliards de dollars. Pékin s’apprête également à prendre des mesures sévères à l’encontre de Didi Chuxing. Par ailleurs, de nouvelles directives ont été prises pour les conditions de travail des livreurs à domicile, mais aussi les cours privés.