Lors du procès haut en couleurs dans lequel s’affrontent Apple et Epic Games, l’audition de Trystan Kosmynka, l’un des dirigeants de l’App Store, a révélé de nouvelles informations sur la manière dont la firme de Cupertino s’y prend pour accepter, ou pas, les applications qui intègrent la plateforme. En effet, Epic Games assure que l’entreprise n’est pas en mesure de vérifier chacune d’entre elles au cas par cas, ce qu’Apple dément clairement.

Comme le rapporte le site spécialisé 9to5Mac, environ 5 millions d’applications sont proposées à Apple chaque année, tandis que 40% d’entre elles sont rejetées en moyenne par la marque à la pomme. Chacune de ces applications est soumise à une analyse digitale très précise et poussée. Objectif : vérifier si elles respectent bien la politique de l’App Store, si elles ne sont pas basées sur des API (interfaces de programmation) privées, et si elles ne sont pas des copies d’autres applications d’ores et déjà présentes dans l’App Store.

Vient ensuite le moment de la vérification humaine. Selon Trystan Kosmynka, 500 personnes se chargent de 100 000 applications chaque semaine avec, à leur disposition, de très nombreux appareils de la marque : iPad, iMac, MacBook Pro, iPhone, etc. Lorsqu’une application est refusée, Apple se charge d’en prévenir son développeur, qui aura la possibilité de la soumettre une nouvelle fois, après avoir solutionné les problèmes indiqués par la marque à la pomme. Seulement 1% d’entre eux font appel après avoir été rejetés.

Démarré il y a désormais une semaine, le procès fait suite à une plainte déposée par Epic Games à l’encontre d’Apple, que l’éditeur de jeux vidéo accuse d’abus de position dominante. En cause, la taxe de 30% prélevée par la firme de Cupertino sur les achats in-app. Si Apple affirme que cette commission lui permet de garder son magasin d’applications sécurisé, Epic n’en démord pas et assure que cette pratique est très profitable à Apple et ses propres applications, et que les développeurs sont pris au piège par cette dernière.

Pour l’heure, Epic peine à prouver le comportement monopolistique d’Apple devant la justice, et a également été pris pour cible par rapport au modèle économique de son jeu phare : Fortnite.