Le 29 mars, nous évoquions le licenciement réalisé par Bird via Zoom. L’opérateur de trottinettes se séparait de près de 30% de ses effectifs. Aujourd’hui, grâce à Dot.la, nous en savons plus sur la façon dont s’est déroulé le licenciement… et il n’y a qu’une chose à dire : la “mise à jour Covid-19” a tourné au calvaire pour 406 personnes.

Un licenciement sans l’organisation habituelle de Bird …

Jeudi 26 mars, quelques 406 employés de Bird télétravaillaient, depuis chez eux, en raison de la pandémie de Covid-19. Ils ont reçu une invitation à une visioconférence, programmée le vendredi matin, à 10h30. Le premier élément qui a inquiété certaines personnes est la liste cachée de destinataires, cela ne serait pas habituel chez Bird.

Le lendemain, à l’heure du rendez-vous, certains employés n’ont pas pu se connecter à l’appel sur Zoom. Cette plateforme sortait aussi des habitudes de l’entreprise, dans la mesure où elle ne permet aucune participation. Cela a, au final, arrangé les dirigeants de Bird, ils n’ont qu’a eu à faire leur annonce. Au lancement de la visioconférence, de nouveaux éléments étranges. D’une part, une diapositive indiquant “mise à jour Covid-19” accueillait les employés. Cependant, une personne a indiqué à Dot.la que “ce n’était pas la couleur ou la police de notre marque, c’était vraiment troublant”.

La réunion dont la durée devait être de 30 minutes aura finalement duré 2 minutes. Une voix de femme a annoncé “Covid-19 a eu un impact énorme sur notre entreprise, ce qui a forcé notre équipe de direction et notre conseil d’administration à prendre des décisions extrêmement difficiles et douloureuses. L’une de ces décisions consiste à supprimer un certain nombre de postes dans l’entreprise. Malheureusement, votre poste est touché par cette décision”.

La source du média américain a qualifié cette réunion de “moment semblable à un épisode de Black Mirror. Cette voix menaçante nous a seulement annoncé que nous perdions nos emplois”. Moins de 10 minutes plus tard, l’ensemble des ordinateurs des licenciés se sont éteints et sont devenus verrouillés.

Aucun dirigeant de l’entreprise n’a souhaité commenter cette vague de licenciement

Aucun porte-parole de l’entreprise n’a souhaité prendre la parole, ni même transmettre des réponses écrites à une liste de questions. Le seul retour de l’entreprise a été “Les licenciements ne sont jamais faciles à faire et le coronavirus a eu un impact sur la façon dont ils ont été effectués. Nous sommes éternellement reconnaissants envers les personnes concernées et aurions souhaité éviter cette situation”.

L’entreprise a néanmoins communiqué avec les employés, leur réaffirmant qu’ils bénéficieraient de trois mois de frais de santé (alors que certains ont constaté qu’ils ne bénéficieraient que d’un mois de protection) et d’un mois de salaire. Bird a également indiqué aux ex-employés que “Le service informatique enverrait une boîte avec une étiquette pour le retour et que tous les objets appartenant à l’entreprise devraient être retournés ainsi”. Ordinateurs et badges doivent donc être retournés avant le 15 avril.

Des groupes de personnes licenciées ont remarqué que l’entreprise semble s’être séparée majoritairement de femmes et de personnes de couleurs. L’entreprise devrait avoir une diversité moins importante à sa reprise d’activité normale. Il reste désormais à voir comment se débrouillera l’entreprise, en tout cas d’un point de vue financier. D’une part, car elle supprime des équipes entières et d’autres parts, suite à la levée de fonds de 75 millions de dollars effectuée en janvier dernier et l’arrêt total de l’activité à l’heure actuelle.
Une autre des questions qu’il est possible de se poser est de savoir si le concurrent de Bird, Lime procédera lui aussi au licenciement d’une partie de ses effectifs.