Un haut responsable américain de la NASA a annoncé, samedi 14 mars, un an de retard sur le programme d’exploration spatiale de l’agence. Il doit aboutir à la mise en orbite d’une station spatiale lunaire, d’une base sur le sol du satellite qui pourront à terme aider à atteindre Mars. Des révisions doivent être apportées au projet peut-être trop ambitieux pour la puissante agence américaine.

Un programme extrêmement ambitieux pour la NASA

Le discours de James Bridestine, le chef de la NASA, lors du cinquantième anniversaire d’Apollo 11, en juillet 2019, a fait saliver tous les passionnés d’espace et de science-fiction : retour sur la Lune d’ici 2024, mise en place d’une station spatiale en orbite autour de notre satellite, Lunar Gateway, établir une présence durable sur la Lune en 2028.

La station spatiale doit servir d’intermédiaire avec la base lunaire. Sa construction devait commencer au plus tard en 2025. Le but du programme est de pousser l’exploration de la Lune et surtout mener des expériences ainsi que développer des technologies pour se rendre sur Mars dans les années 2030, d’ici 2033.

Seulement voilà, selon les informations du Wall Street Journal, la mission Artemis, celle qui doit déposer des astronautes à la surface de la Lune, était initialement programmée pour 2028. L’administration Trump l’aurait avancé à 2024 pour correspondre à un éventuel second mandat du président américain. De nombreux experts ont considéré cette décision comme arbitraire et irréaliste.

Sans surprise, la NASA semble avoir quelques difficultés à tenir le rythme. En février, l’agence demandait un budget renforcé de 25,2 milliards de dollars pour pouvoir atteindre l’objectif Lune. Les démocrates de la Chambre des représentants fustigent régulièrement le flou qui entoure le programme.

Des objectifs revus à la baisse

Samedi Doug Loverro, le responsable de l’exploration humaine de l’agence a déclaré « nous étudions des alternatives pour nous assurer que nous pouvons atteindre la durabilité le plus rapidement possible ». En clair, le programme va nécessiter une refonte pour réduire les dépenses importantes et les obstacles techniques. Cette refonte pourrait décaler d’un an les projets de l’agence américaine et contraindre à faire des choix.

La station en orbite lunaire, Lunar Gateway est toujours d’actualité, elle pourrait toutefois être déployée dans une version considérablement allégée. Loin de son ambition de se placer comme l’héritière de la station spatiale internationale dont la fermeture prochaine est planifiée. Lunar Gateway devait attirer des partenaires internationaux comme l’ESA, la refonte du projet pourrait poser des difficultés de ce point de vue.

La station pourrait simplement servir, en 2024, à aider les astronautes à alunir et ne pas être exploitée immédiatement après. James Bridestine, a réaffirmé l’objectif de l’agence américaine d’envoyer « des astronautes sur Mars dans les années 2030 ». Quant à la présence durable autour de la Lune, elle est planifiée pour 2028. La base lunaire semble rangée dans le placard pour le moment.