Kim Jong-un place Internet au centre de sa stratégie politique. En effet, le gouvernement nord-coréen a adopté des tactiques de cybercriminalité pour contourner les sanctions mises en place par l’Occident. Si la majorité des habitants de Corée du Nord n’ont accès qu’à une version limitée du web, “l’élite” peut quant à elle surfer sur le réseau mondial.

En Corée du Nord, Internet soutient l’économie du pays

Un nouveau rapport fait état de l’évolution de l’utilisation d’Internet en Corée du Nord. Les observateurs notent un changement radical dans la manière dont Internet est utilisé dans le pays. En seulement trois ans, l’utilisation d’Internet a augmenté de 300%. Ce qui n’était autrefois qu’une simple curiosité utilisée par l’élite pour télécharger des films, faire des achats et naviguer sur le web est devenu un outil essentiel pour soutenir l’économie du pays. La Corée du Nord dépend aujourd’hui, comme la majorité des pays, de son réseau Internet.

Les experts à l’origine de cette étude affirment que l’augmentation de l’utilisation d’Internet est probablement la raison principale pour laquelle l’économie de la Corée du Nord survit, et dans certains secteurs prospère. Malgré les sanctions internationales strictes mises en place par l’Occident, le pays se porte plutôt bien et les habitants nords-coréens réussissent à contourner les règles pour s’approvisionner en marchandises sur Internet.

Un moyen de contourner les sanctions internationales

L’étude pointe du doigt l’exploitation d’une monnaie numérique baptisée Monera. Cette dernière permettrait aux habitants d’acheter des produits sur Internet tout en contournant les sanctions en vigueur. L’utilisation d’Internet couplée à la mise en place d’un VPN permettrait aux nords-coréens d’envoyer et de recevoir secrètement de l’argent.

Le modèle du pays est basé sur la cybercriminalité, ce qui a clairement permis à la Corée du Nord de développer un nouveau modèle pour contourner les contrôles et les sanctions financières. D’après les auteurs de l’étude :

“Ce modèle est unique à la Corée du Nord, mais il est facilement reproductible. Il pourrait devenir un modèle de référence pour d’autres nations financièrement isolées, comme le Venezuela, l’Iran ou la Syrie, pour contourner les sanctions par l’Internet”.

Internet permet aussi au pays de mener des campagnes de cyberattaques. Nous apprenions en août 2019 que la Corée du Nord avait empoché près de 2 milliards de dollars (1,83 milliards d’euros) grâce aux cyberattaques. En effet, selon un rapport confidentiel édité par les Nation Unies le lundi 5 août 2019, la Corée du Nord viserait des banques et des plateformes de cryptomonnaies pour amasser de l’argent.

À ce propos, un porte-parole des États-Unis a appelé plusieurs États à prendre des mesures pour contrer la capacité de la Corée du Nord à mener des activités malveillantes dans le “cyberespace”. Surtout que ces dernières génèrent des revenus soutenant des programmes d’armes nucléaires illégaux.