Qwant Causes : une expérience qui donne du sens
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Qwant Causes : une expérience qui donne du sens

Utiliser Qwant, c’est s’assurer de la bonne direction que prennent nos données. Cependant, il ne manquait qu’une petite pierre pour ne plus avoir à rougir : contribuer à une cause. C’est ainsi qu’est né Qwant Causes.

Le moteur de recherche Qwant a annoncé au début du mois de mai 2019 le lancement d’une fonctionnalité appelée Qwant Causes. En échange de l’affichage de quelques publicités supplémentaires, les utilisateurs ont la possibilité d’attribuer des dons à des associations. Cette opération à lieu chaque mois, selon l’activité de l’internaute.

Si certains se posent la question d’une possible défiscalisation, Numerama a fait la lumière sur ce point. Qwant a ainsi précisé que « les particuliers ne sont pas éligibles à une quelconque déduction d’impôt, [… car] ces dons ne sont pas directement issus des finances de l’internaute. »

Afin d’en apprendre plus sur la raison d’être et le fonctionnement de Qwant Causes, Siècle Digital a échangé avec Marie Juyaux, DGA de Qwant et responsable du projet, ainsi que Noël Martin, Tech Leader pour Qwant Search.

Siècle Digital : commençons par la base, Qwant Causes, qu’est-ce que c’est ?

Marie Juyaux : Qwant Causes, c’est une nouvelle manière d’utiliser Qwant. L’objectif est de donner plus de sens aux recherches de nos utilisateurs. On va leur permettre d’utiliser Qwant comme ils l’utilisaient auparavant, mais en seul clic, pouvoir activer le mode donation.

Ça implique qu’ils autorisent d’avoir un peu plus de liens sponsorisés que d’habitude. Au lieu d’en avoir deux au maximum, ils vont en avoir quatre, par exemple. Tout le chiffre d’affaires supplémentaire qu’ils vont générer ira en donations à des associations. Soit au choix de l’utilisateur, soit, si l’utilisateur décide de ne pas faire de choix, ça ira à une cause générale qui sera choisie tous les mois.

Comment est-ce que ça marche ?

Marie Juyaux : À tout moment, dès que la personne l’active, elle a un compteur de QOZ [nom donné aux jetons collectés par l’utilisateur, ndlr] qui apparaît. Ce compteur est uniquement et strictement personnel, et confidentiel bien entendu. Il sert à avoir une notion de son impact sur les causes. Dans cet onglet (en cliquant sur ce compteur) l’utilisateur pourra choisir les associations qu’il veut soutenir.

Pour pouvoir les choisir, on a créé un vertical, qui s’appelle Qwant Causes. C’est aujourd’hui le plus grand index en France de toutes les associations qui sont reconnues d’utilité publique, les fonds de dotation, et les fondations. On donne la possibilité à une association de s’inscrire directement sur le site, si jamais elle ne s’y trouve pas. Ce travail, de fait, n’était pas évident, parce qu’on n’a pas trouvé de source toute faite. On ne vous a pas mâché le travail. On a dû créer cet index nous mêmes.

Pour chaque association, les utilisateurs peuvent découvrir leur compte Twitter, leurs réseaux sociaux, etc. On a également créé une carte qui donne en temps réel les tendances de Qwant Causes dans le monde.

Pour finir, on s’est associé avec une société : Hello Asso. C’est le wallet, le portefeuille, de plus de 70 000 associations. On ne les a pas toutes prises, parce qu’elles ne sont pas toutes reconnues d’utilité publique, mais c’est un bon premier moyen pour verser des fonds facilement, dès le premier centime d’euro récolté pour une association.

Quelle volonté derrière la création de Qwant Causes ?

Marie Juyaux : Ça a toujours été dans l’ADN de Qwant d’avoir un impact sur le développement durable, d’avoir un impact sociétal. C’est déjà en partie le cas dans ce que l’on fait au quotidien. On fournit tous nos serveurs avec de l’énergie verte, donc on a une empreinte neutre sur cet aspect. On a aidé à lever plus de 2,5 millions d’euros pour construire des centrales de production d’énergie verte… Mais à un moment donné on s’est demandé si on ne donnerait pas cette possibilité aux utilisateurs en leur permettant d’avoir un petit plus, d’être encore plus fiers d’utiliser Qwant.

Quel a été le défi technique pour mettre tout ça en place ?

Noël Martin : Le côté technique, c’est surtout de mettre tout ça en place. D’arriver à crawler la totalité de ces associations, de mettre en forme le vertical de façon à ce que tous les utilisateurs aient une vision des associations, qu’elles soient facile à rechercher, et qu’il y ait d’autres contenus, des méta-contenus qui apparaissent autour. Pas seulement la présence de l’association, mais le fil Twitter, le lien vers Instagram, ou l’actualité de cette association. Tout cela, ça n’existait pas, donc les équipes ont dû le créer.

L’autre chose extrêmement importante c’est sur la vie privée. Comme on le dit, vous n’êtes pas trackés. Le compteur de QOZ est un compteur qui est donné à titre indicatif, mais en rien nous n’en avons connaissance. Il est juste de votre côté sur votre machine. Il est chiffré, il est dans votre base de données, donc nous on ne sait pas ce qu’il s’est passé. On ne sait pas si vous avez cliqué ou non sur une association, ou choisi l’association A ou B.

Le but c’est de permettre tout ça en ayant la vie privée qui soit respectée pour les utilisateurs. C’est là où c’est le plus complexe. Parce qu’il existe des solutions toutes faites pour ce genre de choses, mais qui ne sont pas du tout les solutions que l’on voudrait adapter.

Marie Juyaux : On n’a pas a créer de compte sur Qwant ni sur Qwant Causes. On permet cela sans déposer cookie. Sans rien faire de plus que de respecter la vie privée. Là aussi ça a été un enjeu technologique de pouvoir prendre en compte le nombre de causes collectées, à quelle association, tout en ne sachant pas qui vous êtes, et en vous permettant de choisir l’association.

Quelles prochaines étapes ?

Marie Juyaux : L’internationalisation, et ce n’est pas une mince affaire. Chaque pays a ses propres lois. Chaque pays a sa propre Fondation de France. Il faut l’approcher, il faut voir avec elle comment on peut travailler. Il va falloir crawler toutes les associations de tous les pays. Il y a le côté technique où il va falloir faire ce même travail dans tous les pays, et le côté administratif de faire ce liant avec les correspondants d’Hello Asso dans d’autres pays, par exemple, et d’autres organismes qui peuvent orienter les utilisateurs sur des vraies associations et sur des vraies causes.

Vous êtes-vous fixés un objectif avec Qwant Causes ?

En terme de chiffres ce que je peux vous dire c’est qu’on espère pouvoir au bout d’un an pouvoir donner plus d’un million d’euros de donations aux fondations, et aux associations.

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