Les responsables des moteurs de recherche DuckDuck Go, Ecosia, Qwant, et Lilo, ont écrit au Parlement européen le 7 octobre dans l’espoir d’un durcissement du Digital Markets Act (DMA) par les législateurs. Dans un communiqué (pdf), Raphaël Auphan, directeur général de Qwant, « le texte proposé reste, en l’état actuel, insatisfaisant ».

L’antitrust n’a pas donné les résultats attendus contre Google

Dans les extraits de la lettre diffusée par Reuters, les concurrents de Google saluent « les objectifs de la Commission en ce qui concerne la loi sur les marchés numériques (DMA) », mais regrettent que celui-ci ne s’attaque pas à « l'obstacle le plus important dans le domaine de la recherche : L'accaparement par Google des positions par défaut ».

Les quatre entreprises estiment que la politique antitrust de l’Europe n’a pas encore donné pleinement satisfaction, évoquant une affaire de 2018. La Commission avait condamné Google à 4,34 milliards d’euros d’amende pour s’être servie d’Android pour assurer la domination de son moteur de recherche.

Dans un premier temps, Google avait mis en place un système d’enchères pour obtenir l’apparition de son moteur de recherche dans l’éventail de choix proposé. Sous la pression de la Commission et des moteurs de recherche, cette place est gratuite depuis seulement 4 mois.

Encore insuffisant selon Qwant. Ce choix de préférence n’est proposé qu’à une seule reprise, lors de la configuration d’un appareil Android, « à un moment où les utilisateurs ne se posent pas la question du moteur de recherche qu’ils désirent choisir ». Ensuite, cela devient tout de suite plus compliqué, DuckDuckGo a comptabilisé 15 clics pour changer ensuite de moteur par défaut.

Pour eux, ces « changements récents » ne feront pas « bouger les parts de marché de manière significative en raison de ses limitations persistantes ». Aujourd’hui, en Europe, Google détient 93% du marché des moteurs de recherche.

Beaucoup d’espoirs reposent sur le Digital Market Act

DuckDuck Go, Ecosia, Qwant, et Lilo misent sur le DMA pour changer la donne, « Le DMA devrait inscrire dans la loi l'exigence d'un menu de préférences pour les moteurs de recherche, ce qui interdirait effectivement à Google d'acquérir les points d'accès de recherche par défaut des systèmes d'exploitation ».

Contacté par TechCrunch, un porte-parole de la Commission rapporte avoir été mis au courant de la lettre ouverte des concurrents de Google. Il a pointé que « le DMA comprend déjà plusieurs dispositions spécifiquement destinées à injecter des espaces de contestations dans le secteur des moteurs de recherche, comme l'obligation pour les gatekeepers de mettre les données essentielles à la disposition des fournisseurs de moteurs de recherche concurrents ».

Le porte-parole a ajouté que « La Commission s'engage de manière constructive avec les deux colégislateurs dans leur objectif de rendre le Digital Market Act la plus efficace possible pour atteindre ses objectifs dans la pratique ». Le texte, présenté fin 2020, est désormais entre les mains du Parlement européen et du Conseil européen. Il pourrait entrer en vigueur en 2023.