Dans une lettre ouverte publiée le 12 janvier 2022 sur Poynter, un collectif de 80 « fact-checkers » du monde entier dénoncent la désinformation sur YouTube. Ils demandent à la plateforme de prendre des mesures radicales pour lutter contre les fausses informations qui sont, semble-t-il, de plus en plus nombreuses sur la plateforme.

YouTube, principal moteur de désinformation ?

Un cri d'alarme, pour inciter YouTube à agir rapidement. Les ONG estiment que la plateforme de vidéos YouTube est devenue « l'un des principaux moteurs de désinformation dans le monde ». De quoi susciter une « grande inquiétude » pour la communauté des « fact-checkers ». Pour illustrer leurs propos, les protagonistes prennent plusieurs exemples. Au Brésil, YouTube a par exemple été utilisé pour amplifier les discours de haine contre des groupes minoritaires, touchant des dizaines de milliers d'utilisateurs. À Taïwan, les dernières élections ont été entachées d'accusations de fraude non fondées. Ils précisent que « les exemples sont trop nombreux pour être tous comptés ».

Selon les 80 organisations de « fact-checking », le monde entier a été témoin des conséquences de la désinformation « lorsqu'une foule violente a assailli le Capitole américain l'année dernière ». À l'époque, plusieurs analystes s'étaient questionnés sur le rôle qu'avaient pu jouer les réseaux sociaux dans cet événement. Finalement, Twitter avait supprimé 70 000 comptes liés à la mouvance QAnon après la prise du Capitole. Au sujet de l'élection américaine, les vidéos YouTube soutenant le récit de la « fraude » ont été regardées plus de 33 millions de fois...

Les 80 signataires demandent à la plateforme d'élaborer une feuille de route précise pour lutter contre ce phénomène

Dans leur lettre, les ONG s'adressent directement à Susan Wojcicki, la CEO de YouTube. Ils estiment que la plateforme détenue par Google ne fait pas suffisamment d'effort pour mettre en œuvre des politiques qui s'attaquent au problème de la désinformation. Si des vidéos sont effectivement supprimées (130 000 récemment au sujet du Covid-19 selon le réseau social), les « fact-checkers » pensent que cela n'est pas suffisant. Ils demandent à YouTube de prendre des mesures efficaces contre la désinformation et « d'élaborer une feuille de route d'interventions sur les politiques et les produits pour améliorer l'écosystème de l'information ».

À ces accusations, Elena Hernandez, porte-parole de YouTube, répond que le « fact-checking constitue une pièce d'un puzzle plus large visant à s'attaquer à la diffusion de la désinformation ». En prenant comme exemple le sujet du Covid-19, le réseau social explique que ce n'est parfois pas si simple de différencier les vraies informations des fausses. Les modérateurs se basent sur un consensus médical qui évolue de jour en jour. Au troisième trimestre 2021, YouTube a tout de même supprimé 6,2 millions de vidéos sur sa plateforme.