Nvidia n'a pas l'intention de laisser AMD ou Intel lui voler la vedette. Numéro un sur le secteur des cartes graphiques pour ordinateurs personnels et serveurs, avec plus de 80% de parts de marché solidement détenues, la marque américaine fait actuellement graver en 8 nm ses puces GPU (pour les très populaires GeForce RTX 3000, notamment) par Samsung Foundry. Pour sa prochaine génération de puces graphiques, le groupe souhaite néanmoins changer de technologie de gravure, en passant, comme ses concurrents, chez le géant taïwanais TSMC -- plus gros fondeur indépendant au monde.

Reste que pour profiter de la gravure en 5 nm de ce « nouveau » sous-traitant, déjà employée par Apple, Qualcomm et bientôt AMD, Nvidia va vraisemblablement devoir allonger les billets. Comme le rapportent nos confrères de 01Net, la firme aurait déjà prévu d'investir un total de 6,9 milliards de dollars dans un contrat avec TSMC. Le but ? Réserver suffisamment de wafers (ces galettes de silicium à partir desquelles sont découpées les semi-conducteurs) gravés en 5 nm pour ses futures cartes graphiques.

Nvidia veut rester leader... coûte que coûte

En mettant cette somme sur la table, Nvidia a de bonnes chances d'attirer l'attention de TSMC, dont les différentes usines tournent à plein régime dans un contexte de pénuries mondiales de composants. Ce montant serait en effet supérieur à ce que dépensent les autres gros clients du fondeur pour bénéficier de cette fameuse gravure en 5 nm, proposée à grande échelle par TSMC depuis plus d'un an.

Pour Nvidia, l'enjeu est de première importance : il s'agit de conserver sa longueur d'avance alors que la concurrence revient en force sur le marché des cartes graphiques.

Avec son architecture graphique RDNA2, AMD a en effet réussi à rattraper une bonne partie du retard accumulé face à Nvidia sur le plan technologique... et courant 2022, la firme passera à son nouveau design RDNA3, plus performant encore. Un nouveau design qui exploitera justement la gravure en 5 nm de TSMC.

Nvidia a donc tout intérêt à troquer la gravure en 8 nm de ses puces actuelles pour un protocole plus efficace pour sa prochaine génération de GPUs. Avec la gravure en 5 nm, la firme serait en mesure de maximiser le nombre de transistor sur ses GPUs tout en améliorant leur efficacité énergétique. Un point que Nvidia n'a pas été en mesure de soigner suffisamment avec ses cartes graphiques actuelles.

Rappelons qu'en 2022, Nvidia devra également se confronter à un concurrent supplémentaire : Intel. La firme lancera dans les prochaines semaines des cartes graphiques grand public basées sur sa nouvelle puce « ARC Alchemist ». Cette dernière devrait pour sa part être gravée en 6 nm par TSMC.

Nous en saurons probablement plus sur les projets de Nvidia dans les prochaines heures. La firme tiendra une conférence de presse ce 4 janvier dans le cadre du CES 2022.