Le 10 août dernier, un pirate informatique a dérobé plus de 600 millions de dollars en cryptomonnaies à Poly Network, une entreprise spécialisée dans le transfert de monnaies virtuelles. Un record. Deux jours plus tard, le hacker a rendu 338 millions de dollars en expliquant : « Ne pas être très intéressé par l’argent ! » et assurant que « restituer les fonds a toujours été le plan ».

Ce revirement de situation pourrait indiquer que le pirate est un « white hat », un pirate éthique. Dans ce cas, le but n’est pas de garder l’argent, mais de montrer les vulnérabilités de la société afin qu’elle s'en protège. Certaines personnes doutent de cette version, car les enquêteurs sont sur les traces du pirate et commencent à obtenir des informations personnelles le concernant. L’entreprise SlowMist est notamment parvenue à obtenir son adresse e-mail.

Le hacker pourrait tout de même très bien s’en sortir. Selon BFM Business, Poly Network lui a fait une proposition de 500 000 dollars pour le travail réalisé. Pour le moment impossible de savoir si la porte de sortie proposée a été acceptée ou non. En tout cas, il est possible de suivre sur Twitter chaque virement que le pirate fait pour rendre les cryptomonnaies volées. Poly Network assure que tous les fonds sont actuellement redistribués sur les porte-monnaie de chaque utilisateur.

Ce piratage de monnaie virtuelle n’est pas le premier et pose des questions de sécurité. En 2017, c’est 7 millions d’euros en Etherium qui ont été dérobés à CoinDash. En 2019 six personnes sont parvenues à voler 24 millions d’euros en Bitcoin. En plus des vols, on retrouve aussi les fraudes aux cryptomonnaies qui se démocratisent, avec une estimation de 432 millions de dollars en 2021. C’est pour cette raison que l’UE souhaite légiférer pour une meilleure traçabilité des cryptomonnaies dans la zone euro.