Si le géant taïwanais va mal, le monde va mal. Cette entreprise est l'usine électronique du monde. L'un des principaux fournisseurs d'Apple, Google, Microsoft ou encore HP. Foxconn reconnaît être à son tour frappé par la pénurie de semi-conducteurs mondiale qui dure depuis plusieurs mois. Un problème logistique qui va évidemment se répercuter sur le reste de la chaîne, jusqu'aux consommateurs.

Selon Foxconn, la pénurie de semi-conducteurs est là pour durer

Young Liu, président de Foxconn, a déclaré lors d'une conférence de presse tenue ce mardi 30 mars que : "l'approvisionnement au cours des deux premiers mois de ce trimestre était encore correct. Cependant, nous commençons à avoir des difficultés de production. Nous manquons de semi-conducteurs. Comme de nombreux acteurs à travers le monde, nous manquons de pièces". Foxconn prévoit de réduire de 10% ses expéditions au cours de cette année 2021.

Même les plus grands noms du monde technologique, clients de Foxconn, risquent de subir cette crise. Les ventes de produits Apple pourraient directement être impactées. Pour la première fois, même les poids lourds de la technologie, qui ont tendance à disposer de plus de ressources et d'un plus grand pouvoir de négociation avec les fournisseurs comparativement aux petites entreprises, risquent de rencontrer des difficultés pour s'approvisionner.

Les produits directement concernés sont les ordinateurs et les smartphones. Young Liu précise en revanche que : "l'impact sur les commandes passées il y a longtemps est plutôt limité". Il semblerait que la pénurie ne soit pas prête de prendre fin. Le président de Foxconn estime, en s'appuyant sur les travaux de chercheurs, qu'elle pourrait au moins se prolonger jusqu'au deuxième trimestre de l'année 2022. Une déclaration qui ne fait donc que confirmer ce qui se devinait déjà : cette crise est là pour durer.

Le géant taïwanais prévoit toujours de fabriquer ses propres véhicules électriques

Parallèlement, Foxconn a détaillé ses plans pour son développement dans l'industrie des véhicules électriques. L'entreprise prévoit d'investir un milliard de dollars pour construire une usine de véhicules électriques soit en Amérique du Nord dans le Wisconsin, soit au Mexique. Le géant taïwanais veut pouvoir produire en masse. Young Liu ajoute que : "nous déciderons très prochainement de l'emplacement géographique de notre futur site pour la production de 10 000 voitures par mois".

C'est le nouveau pari de Foxconn : les véhicules électriques et la robotique, notamment avec des technologies liées à la santé. L'entreprise s'est associée à la startup américaine Fisker. D'ici fin 2023, un premier véhicule électrique devrait voir le jour. Ensemble, les deux sociétés veulent lancer une petite voiture de tourisme en Europe et aux États-Unis. Ensuite, un nouveau modèle pourrait être lancé chaque année.