Jean Castex, le Premier ministre français, a été l’invité exceptionnel de Franceinfo ce lundi 12 octobre à l’occasion de son 100e jour à la tête du gouvernement. Il a annoncé vouloir lancer une nouvelle mouture de l’application StopCovid le 22 octobre prochain. Une nouvelle société sera désignée grâce à une procédure d’appel d’offres pour remplacer Capgemini, l’entreprise de services numérique qui a lancé la première version de l’application.

Un flop comparé à nos voisins

L’application StopCovid lancé en juin fut un véritable flop : seulement 3% de la population française l’a téléchargée, soit 2,6 millions de personnes. En plus, l’échec est considérable puisqu’elle a été désinstallée plus d’un million de fois.
Chez nos voisins, l’application a été installée par 18 millions d’Allemands et par 16 millions d’Anglais, ce qui démontre la défiance des Français face à une application de traçage.

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L’application permet à ses utilisateurs d’être avertis lorsqu’ils ont été en contact à moins d’un mètre et pendant plus de 15 minutes avec un individu qui a contracté la Covid-19. Le gouvernement ambitionne réinvestir dans l’application pour mieux la faire fonctionner en doublant les dépenses. Elles iront ainsi de 100 000 euros à 200 000 euros. Le secrétaire d’État chargé du numérique, Cédric O, avait avoué la semaine dernière devant le Sénat que l’application fonctionnait mal. “Si nous voulons relancer l’application, nous avons besoin de trouver des relais et des allées”.

En août dernier, StopCovid n’avait pas participé à l’harmonisation des applications de traçages contrairement aux autres pays européens. L’Italie, par exemple, a lancé une application de traçage en partenariat avec Google et Apple et 44% des Italiens se disent ouverts à la télécharger. Tout comme c’est le cas au Royaume-Uni qui collabore avec les deux GAFA. En revanche, en France, les citoyens restent réticents face à cette application de traçage, peut-être en raison du manque d’information quant aux API de Google et d’Apple et de la crainte d’un début d’une privation de la liberté.

La deuxième vague est bien arrivée

Jean Castex a affirmé que les “conséquences d’un confinement généralisé serait dramatique”. Il a appelé les Français à se responsabiliser face au nombre de contamination qui perdure dans l’Hexagone et à ne pas relâcher les efforts. “Nous sommes dans une 2ème vague, en France, en Europe et dans le monde. Nous devons y faire face avec résolution et solidarité” a-t-il affirmé.

“Si chacun y met du sien et respecte les consignes sanitaires, tout ira bien, sinon nous mettrons les soignants à rude épreuve”. Le chef du gouvernement ne veut pas obliger les Français à ne plus recevoir d’invités chez eux puisque “nous sommes le pays des libertés publiques”. A contrario, cette mesure s’est appliquée au Royaume-Uni ou encore au Québec, de l’autre côté de l’océan Atlantique.

Mettre le paquet pour les plus précaires et les jeunes

Le 3 septembre 2020, Jean Castex a annoncé un plan de relance avec une enveloppe de 100 milliard d’euros pour soutenir les plus précarisés et les jeunes. “Nous mettons en place des outils exceptionnels pour éviter que les jeunes pâtissent de la crise”. À l’occasion de la journée mondiale du refus de la misère le 17 octobre prochain, Matignon annoncera de nouvelles mesures pour lutter contre la pauvreté qui s’étend pour la société française. En effet, 800 000 suppressions d’emplois sont attendues d’ici la fin de l’année.