En collaboration avec des chercheurs de l’Université de Toronto, les équipes de Deepmind (filiale de la maison mère Alphabet) ont créé Dreamer : l’intelligence artificielle conçue pour « prédire le futur ».

Dreamer : l’IA qui imagine le futur

Cette intelligence artificielle s’appuie sur des représentations du monde ainsi que sur des faits réels. Par exemple : la vitesse à laquelle roule une voiture ou la manière dont un objet se déplace en fonction de l’environnement. L’infrastructure de Dreamer est particulièrement complexe, comme le précisent ses créateurs. Pour faire simple, les informations provenant du passé sont projetées plus loin dans le temps pour anticiper l’avenir. Les chercheurs ont voulu exploiter tout le potentiel de Dreamer pour planifier à l’avance des actions en « imaginant » leurs résultats à long terme.

Dans le détail : un premier modèle de représentation code les données entrantes et un second anticipe leur état dans le temps sans prendre en compte les informations qui pourraient provoquer leur évolution. Un troisième modèle projette les données dans des situations précises, en fonction du passé, pour prédire comme telle ou telle action pourrait évoluer dans le temps. Les chercheurs ont testé Dreamer sur 20 tâches différentes, au sein de DeepMind Control Suite, un logiciel de simulation pour les intelligences artificielles. Les résultats sont bluffants :

Dreamer : l'ia qui prédit le futur.

Crédit : Deepmind

Dreamer : l'ia qui prédit le futur.

Crédit : Deepmind

Dreamer planifie l’avenir à court terme comme à long terme

Ils estiment que leur agent d’IA a parfaitement appris des actions passées pour prédire l’avenir. Avec le peu d’informations à sa disposition, Dreamer est déjà capable d’anticiper avec précision, l’évolution de certaines actions. Quand on compare sa faible quantité d’expériences et les résultats obtenus, on peut imaginer le potentiel de cette intelligence artificielle. La planification à court terme fonctionne tout autant que la planification à long terme.

Les chercheurs de Deepmind précisent que : « les recherches futures sur l’apprentissage et la prédication évolueront vers des environnements d’une plus grande complexité visuelle. L’objectif est de savoir jusqu’où cette intelligence artificielle peut nous emmener ». Leurs travaux seront présentés cette semaine à Vancouver dans le cadre de la conférence NeurIPS 2019.

Les prédictions sont au cœur de l’IA

L’intelligence artificielle est de plus en plus utilisée pour réaliser des prédictions. On pense notamment à Hisham Daoud et Magdy Bayoumi, deux chercheurs de l’Université de Louisiane à Lafayette, qui ont mis au point un système d’IA capable de détecter l’arrivée de crises épileptiques avec une précision de 99,6%. Même si le but recherché n’est pas le même, l’intelligence artificielle peut tout même prédire le futur, dans une certaine mesure.

En effet, le système d’intelligence artificielle des chercheurs prend deux éléments en compte : à l’aide d’un algorithme de deep learning, il peut analyser l’activité cérébrale d’un patient tout en surveillant son activité électrique qui s’amplifie avant une crise. Mieux encore, il peut le faire jusqu’à une heure avant leur apparition et donc éviter à un patient de subir une crise. Ce laps de temps est suffisant pour permettre à une personne atteinte d’une crise d’épilepsie de s’y préparer en prenant des médicaments.