Selon les informations de CNBC les 50 procureurs américains qui mènent une enquête antitrust contre Google s’apprêtent à élargir le champ de leur investigation à Android.

50 procureurs contre Google

Tout a commencé le 9 septembre 2019 devant la Cour suprême des États-Unis. 50 procureurs s’étaient réunis pour annoncer l’ouverture d’une enquête antitrust sur Google. Ces derniers reprèsentes tous les états américains à l’exception de la Californie et l’Alabama qui ne se sont pas joints à la procédure. En revanche les procureurs de Porto Rico et Washington D.C., qui ne sont pas considérés comme des États y prennent part.

Mené par le texans Ken Walker les procureurs visaient les activités publicitaires de la firme de Google. Cette dernière, dont la maison mère Alphabet est capitalisée à hauteur de 900 milliards de dollars, accapare à elle seule 92% des recherches en ligne au monde et 31% du marché mondial de la publicité.

Le potentiel élargissement de l’enquête des procureurs à Android ne semble pas aberrant tant la position de la firme de Mountain View est également dominante sur ce marché. Selon la Commission européenne près de 80% des smartphones européens et mondiaux utilisent le système d’exploitation pour mobile de Google.

C’est justement la Commission européenne qui, la première, avait sanctionné lourdement Android. En 2018 Google avait été condamné à une amende de 4,34 milliards d’euros pour abus de position dominante par la Commission. L’entreprise a été contrainte de proposer aux utilisateurs d’Android plusieurs choix de moteur de recherche.

L’article de CNBC précise que les modalités de cet élargissement ne sont pas encore totalement éclaircies. Ken Paxton s’est dit favorable à se pencher sur la position dominante d’Android. D’autres États traiteront les deux enquêtent séparément, enfin il n’est pas confirmé si les 50 procureurs élargiront l’enquête.

Aux États-Unis, ce n’est pas la première fois que Google est la cible de la justice. Au niveau fédéral l’autorité de la concurrence américaine, la Federal Trade Commission avait mené une enquête de deux ans qui avait abouti en 2013 simplement avec un accord non assorti de sanction financière.

Seulement depuis 2013 le vent tourne. Jusque là Google s’émancipait des lois antitrust en arguant que ces services étaient gratuits pour l’usager. Or, le 11 juin dernier Makan Delrahim procureur général adjoint antitrust au ministère fédéral de la Justice avait entamé un changement de paradigme en déclarant « les effets de prix ne sont pas la seule mesure des atteintes à la concurrence ».

Google démantelé ?

Elizabeth Warren, candidate aux primaires démocrate à proposer en janvier 2019 le démantèlement des GAFA. Elle a fait de cette proposition l’un de ses chevales de batailles, non sans succès puisqu’elle est actuellement au plus haute dans les sondages.

L’idée de démantèlement peut sembler absurde, pourtant elle n’est pas inédite aux États-Unis. L’opérateur de télécommunication AT&T avait été contraint de se séparer de plusieurs de ses filiales en 1982 en vertu de la loi contre les monopoles. À l’époque aux États-Unis, il était obligatoire de passer par AT&T pour avoir une ligne téléphonique.

La comparaison avec Google, inévitable sur internet, n’est pas aberrante. L’idée d’un démantèlement sera peut-être l’un des enjeux de la campagne présidentielle américaine de 2020. Cependant, pour le moment, c’est à la justice, et aux 50 procureurs américains que Google a affaire.