Réseaux Sociaux

Pour améliorer son ciblage, LinkedIn achète 18M de mails et viole le RGPD

L'objectif ? Mieux vous connaître sur Facebook pour inciter de "nouvelles relations".

LinkedIn est le plus grand réseau social professionnel du monde, avec ses 600 millions d’utilisateurs, la société atteint des taux d’engagement de plus en plus intéressant ces derniers mois. Ne vous êtes-vous jamais demandés comment LinkedIn arrivait à vous suggérer des connexions avec des personnes que vous connaissez réellement ? Je crois que nous tenons enfin la réponse, bien que nous pouvions l’imaginer avant d’en avoir la preuve. LinkedIn a acheté 18 millions de mails pour vous cibler sur Facebook et donc avoir accès à vos profils, vos amis, votre activité etc. Cependant, ce n’est pas le seul réseau social mis en cause ces derniers mois. Facebook en a aussi fait les frais. Une mise en demeure a été adressé au réseau social. Cela constitue donc la première pierre d’une action judiciaire de plus grande ampleur.

TechCrunch précise que c’est dans un rapport publié par le commissaire irlandais chargé de la protection des données, le 23 novembre dernier, que nous apprenions les activités frauduleuses de LinkedIn. Des pratiques qui violent purement et simplement les règles de protection des données mises en place dans le cadre du règlement européen RGPD. Concrètement, LinkedIn a admis qu’il avait utilisé les adresses e-mail de 18 millions de personnes dans le but de les inciter, d’une part à s’inscrire au réseau social pour ceux qui n’étaient pas membres et d’autre part à favoriser les connexions entre personnes qui se connaissaient. Le tout d’une manière pas très transparente.

LinkedIn a dit avoir cessé cette pratique à la suite de l’enquête. L’idée du réseau social professionnel était de créer des réseaux de connexions compatibles et logiques pour aider les utilisateurs à surmonter l’obstacle d’avoir à construire eux-mêmes des réseaux à partir de rien. C’est l’un des obstacles majeurs que doivent affronter les réseaux sociaux si ils veulent fidéliser leurs utilisateurs.

Voici la réponse de Denis Kelleher, responsable de la confidentialité chez LinkedIn suite à l’enquête menée : « nous considérons que l’enquête menée par le DPC en 2017 nous a été utile. Nous avons totalement coopéré et avons amélioré nos processus afin de répondre au RGPD. Au cours de la vérification, nous avons également identifié un autre domaine où nous pourrions améliorer la protection des données pour les non-membres et nous avons volontairement modifié nos pratiques en conséquence. » Pas d’amende pour LinkedIn, le RGPD n’ayant été mis en œuvre qu’en mai dernier, le régulateur n’aurait aucun pouvoir.

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