Le gouvernement français a mandaté Anne-Marie Idrac afin de recommander une stratégie sur les voitures autonomes. Les Échos ont obtenu les premiers éléments de ce rapport fixant pour objectif la mise en circulation de systèmes autonomes dès 2020. Ancienne secrétaire d’État aux Transports, passée par la SNCF et la RATP, Anne-Marie Idrac avait été nommée « haute responsable pour la stratégie nationale de développement des véhicules autonomes » au mois de novembre.

« C’est une vision commune de l’ensemble des acteurs français sur la stratégie que doivent adopter les pouvoirs publics, » a-t-elle déclaré aux Échos. Il faut aller vite, car introduire plus de technologies sur les routes demande un cadre très précis qui englobe plusieurs domaines. Il y a la cybersécurité, la qualité des infrastructures télécom avec le lancement de la 5G, les techniques de cartographie, les lois et le Code de la route. Le tout devant être accordé dans la mesure du possible avec d’autres pays européens.

Le document d’une centaine de pages remis par Anne-Marie Idrac aujourd’hui au gouvernement énonce une série de propositions à mettre en place afin de permettre la mise en circulation de véhicules autonomes d’ici 2020-2022. Il s’agira s’abord de systèmes autonomes de niveau 3 (un conducteur peut confier à ce système l’entière gestion de la conduite, mais il doit pouvoir intervenir à tout moment) et de niveau 4 (véhicule entièrement autonome) sur certaines zones uniquement. Certaines des propositions doivent également être intégrées à la Loi d’orientation des Mobilités (LOM). Cette dernière doit être présentée d’ici quelques semaines.

Comme dit plus haut, le Code de la route ainsi que le permis de conduire vont être revus pour s’adapter à ce nouveau mode de dépalcement. Plusieurs groupes de travail devraient se pencher sur le sujet afin de proposer d’autres recommandations pour la fin de l’année 2018. Les Échos précisent notamment l’obligation pour un vendeur d’informer tout acheteur sur les fonctionnalités autonomes. Les groupes de travail devront également soulever une question de taille, éthique, et sociétale : qui est responsable lors d’un accident ?

Du côté des constructeurs et des entreprises de technologie, la mise en place de tests devrait être simplifiée. La responsabilité sera à assumer par le titulaire de l’autorisation. De plus, l’accès aux données que l’on pourra tirer des véhicules sera également réglementé. Il devrait notamment permettre à la sécurité routière ou aux organismes de gestion du trafic de pouvoir y accéder, de même que la police ou les assurances.

La conclusion de l’entretien des Échos avec Anne-Marie Idrac porte sur les actions à mettre en oeuvre. On notera une trentaine de chantiers à lancer sans tarder afin de tenir les objectifs 2020-2022. De nombreux domaines doivent pouvoir avancer en même temps si l’on prend par exemple la 5G, et la cybersécurité. Si les États-Unis ou la Chine ont de l’avance sur notre pays, répondre à l’ensemble des recommandations du rapport devrait nous permettre de rattraper le temps perdu. Reste à voir si de nombreux français seront prêts à passer le cap de l’autonomie.