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Lunchr s’attaque aux géants des titres restaurants

La pause déjeuner en France, c’est sacré. Dans une étude sur 14 pays datant de 2016, Edenred dévoile des chiffres qui apparaissent comme une aberration pour les 13 autres pays concernés : 3/4 des travailleurs français s’accordent une pause d’au moins 30min, et cela monte même à 45min pour la moitié d’entre eux. Edenred, justement, est depuis maintenant 50 ans l’un des 4 principaux acteurs de ce lunch break (aux côtés Natixis, Chèque-Déjeuner et Sodexo), en fournissant aux employés les précieux titres restaurants. Un système d’avantage en nature qui est toutefois reste figé au XXème siècle, 85% de ces titres restaurants étant encore distribués en format papier.

Un oligopole donc, qui va devoir apprendre à composer avec l’arrivée d’un nouvel acteur : Lunchr. La start-up débarque sur un marché qui pèse aujourd’hui 6,5 milliards d’euros.

« une approche disruptive, mixant dématérialisation et digitalisation »

Comme le présente Loïc Soubeyrand, son fondateur. Après une année d’incubation passée à maturer le produit, Lunchr est officiellement sortie de terre début 2018. Présentation, aux côtés de son créateur.

« Dématérialiser et digitaliser les titres restaurants »

Finis donc, les titres restaurants version papier. A la place, Lunchr met à disposition une double alternative. La première est digitale : une application mobile centralisant les titres restaurants. Depuis celle-ci, c’est un accès à un panel de fonctionnalités :

« des fonctionnalités semblables à ce que proposent des néo-banques du type N26 ou Revolut »

Comprendre : consultation du solde, de l’historique des transactions. Depuis l’application, il est également possible de précommander son lunch. Finies les files d’attentes interminables à la boulangerie. Mais Lunchr, c’est aussi une seconde alternative, complémentaire de la première : une MasterCard, reliée à l’application et qui permet d’en dépenser le solde. Malin, car en optant pour une dématérialisation par le biais du réseau MasterCard, c’est plus de 180 000 points de ventes qui sont d’ores et déjà éligibles pour recevoir les paiements Lunchr.

« Réinventer l’expérience du déjeuner via le digital »

Pour grignoter des parts de marches au Big Four, il fallait proposer une approche disruptive de la pause déjeuner.  C’est autour de cet objectif majeur là que les features de l’application mobile ont été construites. La feature centrale, c’est la commande en équipe. Ou comment accéder à de la réduction (jusqu’à 30%) en commandant avec ses collègues. Histoire de gamifier le tout, une roulette va même aléatoirement designer « l’heureux élu » charge d’aller récupérer les lunch de l’équipe.

« Nous sommes très fiers d’apporter un vent de fraicheur sur ce marche figé. On va au-delà des simples titres restaurants, du simple acte de paiement. Nous, on remet de la convivialité au sein de la pause déjeuner ».

« Redonner du pouvoir d’achat aux employés, et du volume d’affaire aux restaurateurs »

Un positionnement qui a toutes ses chances de faire mouche. Car au-delà des historiques utilisateurs des titres restaurants, il y a un marché tout aussi volumineux à conquérir. Dans la même étude citée plus haut, Edenred révèle que pour 50% des employés, la déjeuner c’est soit a la maison, soit du fait maison.  Pour les convaincre,  le calcul est vite fait. Avec Lunchr, la réduction moyenne de l’addition est de 20% par personne.

« Sur une semaine de 5 jours, ça fait 1 déjeuner d’offert. Sur une année, on parle de 660 euros économisés pour les plus assidus. »

Côté restaurateurs, l’enjeu est tout aussi lucratif si une partie de ce marché est converti en utilisateurs Lunchr. Gageons que l’effet de groupe saura entrainer une nouvelle vague de consommateurs.

« 30 millions d’euros en 2018, puis l’international »

Pour Loïc Soubeyrand, l’objectif est de décoller rapidement, et emprunter une trajectoire similaire a celle de sa précédente boîte : fondée en 2011, sa start-up publicitaire Teads affichait 500 employés et 285 millions de chiffre d’affaires au moment d’être rachetée par le groupe Altice pour 285 millions d’euros en 2017.

On croise finalement peu d’initiative comme celle de Lunchr, qui ambitionne de se faire une place dans un cartel aussi historique et concentré que celui des titres restaurants. La stratégie go-to-market murie pendant un an devrait cependant convaincre une bonne partie des français à faire quelque chose qu’ils exècrent : changer d’habitudes. À table !

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