Pourquoi LinkedIn restera un outil de choix pour les professionnels.

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Ce lundi 15 février 2016 est pour moi une date anniversaire : cela fait tout juste neuf ans que je suis inscrit sur LinkedIn. L’occasion de partager observations personnelles et modestes recommandations concernant ce réseau social et son utilisation.

 

Quasiment vintage, le mail reçu de LinkedIn en 2007

Quasiment vintage, le mail reçu de LinkedIn en 2007

Il est impressionnant de retrouver neuf ans plus tard le tout premier mail reçu. Y lire que ce réseau compte 9 millions de professionnels dans le monde impressionnait sans doute à l’époque. Avec 9 millions on avait l’impression de faire partie d’une élite, d’une minorité éclairée, d’être un early adopter. Pour ceux qui l’ignoreraient, neuf ans plus tard LinkedIn compte 10 millions d’utilisateurs en France et à présent 414 millions dans le monde. C’est dire le chemin parcouru par ce réseau social devenu incontournable de nos jours.

A l’époque j’avais aussi renseigné mon profil sur Plaxo. Un an après Plaxo revendiquait 20 millions d’utilisateurs. A présent l’influence de Plaxo s’est sensiblement réduite au point où certains lecteurs doivent en ignorer jusqu’à l’existence ! A ma connaissance Plaxo a réduit ses fonctionnalités de type réseau social pour se concentrer sur le seul service de gestion des contacts.

LinkedIn compte à présent 414 millions d'utilisateurs

LinkedIn compte à présent 414 millions d’utilisateurs dans le monde, une croissance qui en fait le réseau social professionnel de référence

Cette référence à Plaxo illustre un point clef souvent négligé dans les rétrospectives que l’on appelle le biais du survivant. Malgré ses déboires récents en bourse, LinkedIn est une belle success story vue de 2016. Mais en 2007 qui pouvait préjuger du succès relatif de Plaxo et de LinkedIn ? Nulle gloire donc à avoir été inscrit tôt sur LinkedIn. Je n’ai pas été plus visionnaire que d’autres. J’étais juste inscrit sur plusieurs réseaux sociaux professionnels comme un gérant de portefeuille achète des actions de plusieurs entreprises : celles qui vont monter comme celles qui vont baisser.

LinkedIn a su remarquablement évoluer. Je ne parle pas ici de ses sources de rentabilité mais de l’usage qu’un cadre peut en faire. La toute première fonctionnalité qui me séduisait c’était de disposer d’un carnet d’adresse avec une fonction mise à jour automatique. Après neuf ans certains de mes contacts ont, comme moi, changé de structure. Certains ont même changé de pays et travaillent à présent à Singapour ou à Dubai. Avec un système classique de classement de cartes de visites on perd très vite la trace de tel ou tel contact. De plus ces systèmes de classement, rotatifs ou pas, exigent d’être ordonné, de ne pas perdre les cartes reçues, et de remplacer les anciennes cartes par les nouvelles.

LinkedIn c'est un classement de ses contacts avec une mise à jour automatique.

LinkedIn c’est un classement de ses contacts avec une mise à jour automatique.

Je dois l’avouer que sur ce plan-là je suis d’une nullité quasi absolue. Il paraît que l’on ne peut pas être à la fois créatif et ordonné. Etant créatif, LinkedIn a donc été pour moi d’une très grande utilité : une fois connecté on garde trace des changements respectifs de structure, de métier, de pays et c’est là un gros plus au quotidien.

J’ai donc de manière quasi systématique invité mes contacts rencontrés lors de réunions, conférences ou bien entretiens d’embauche. Et j’ai très rarement refusé une invitation. Avec le temps le réseau devenant conséquent les nouvelles invitations se font de plus en plus nombreuses. Vous l’aurez compris je suis un franc partisan de se tisser un réseau le plus important possible. Comme l’indique Sébastien Bourguignon (voir son article Quantité vs. qualité, faut-il choisir sur LinkedIn ?) il y a de nombreuses raisons qui plaident en faveur d’un réseau LinkedIn bien développé.

Avec l’évolution progressive de son interface et l’ajout de nouvelles fonctionnalités LinkedIn est devenu beaucoup plus « étoffé ». Pour être franc la liste de notifications n’est pas pour moi un point clef. Bien sûr qu’il m’arrive de cliquer sur une des trois ou quatre premières notifications visibles sur l’interface, mais avec plus de mille contacts ce flot est trop important pour que l’on puisse l’exploiter me semble-t-il. Les groupes à l’inverse constituent une source d’information utile car l’information y est thématique. Peut-être aussi ai-je l’impression de rester en contrôle car se rendre dans un groupe est un acte volontaire ? Toujours est-il que j’y trouve souvent des informations pertinentes et récentes.

Au cœur de LinkedIn on trouve bien sur l’aspect recrutement. Avec les années le nombre de candidats inscrits augmentant cela est devenu de plus en plus utile. Pouvoir consulter le profil LinkedIn en complément d’un CV et d’une lettre de motivation est un gros plus lorsque l’on recrute. Je ne prétends pas que l’absence de profil LinkedIn est rédhibitoire mais je pense qu’aujourd’hui cela soulève des questions dans la tête du recruteur. Pour ma part je n’ai pas trouvé de job grâce à LinkedIn, mais j’ai pu recruter par ce biais.

Ne pas être présent sur LinkedIn peut faire s’interroger un recruteur.

Conscient de son importance, j’ai fait en sorte de mettre à jour régulièrement, par petites touches, mon profil. Une bonne raison de faire cela de manière graduelle étant qu’une personne met souvent à jour son profil quand elle a envie de changer de poste. Pour forcer le trait je dirai que lorsque l’on voit un(e) collègue mettre à jour, tout d’un coup, son profil et envoyer de véritables salves d’invitation, on en vient vite à la conclusion que cette personne est sur le départ.

Que l’on soit en recherche active ou pas mettre à jour son profil me semble être aujourd’hui un must. Et pas uniquement pour les spécialistes du web. Cela peut devenir demain une sorte de courtoisie professionnelle. Il nous est tous arrivé de tomber sur un site internet avec une information trop ancienne, pas actualisée et cela impacte négativement l’image que l’on se fait de l’entreprise, de la marque et des personnes qui y travaillent. Par extension je pense qu’il est bon pour une entreprise que ses collaborateurs aient tous des profils bien renseignés et à jour. Pas de craintes à avoir ! Cela ne fera pas augmenter le turn over du personnel, ou alors c’est qu’il y a d’autres problèmes dans cette structure que l’actualisation des informations la concernant sur internet et les réseaux sociaux. Une société dont les profils de ses collaborateurs sont bien renseignés gagne en visibilité et en attractivité. Cela est d’autant plus utile que le coût d’une telle action est à la portée de toute entreprise : du temps, de la sensibilisation, un peu de formation, des conseils judicieux  comme ceux de Sébastien Lecourt (voir son papier Comment créer le profil LinkedIn parfait ?) et le tour est joué !

Ne pas négliger les pages entreprises

Ne pas négliger les pages entreprises

A destination des petites et moyennes structures je crois utile de les encourager à créer et à maintenir une page « entreprise ». Il s’agit d’une opération simple et qui ne requiert pas de budget sinon un peu de temps à y consacrer. L’essentiel du contenu pourra être dupliquée du site internet existant. Mais avec le bon logo, quelques chiffres clefs et une présentation claire c’est une visibilité additionnelle que l’on gagne. De plus cela ne peut qu’encourager les collaborateurs à mettre leurs profils à jour et à créer un lien vers cette page entreprise. Tous y gagneront la présence du logo sur leur profil. L’entreprise y gagnera là encore à peu de frais en visibilité et en attractivité.

LinkedIn c’est aussi un vitrine pour l’entreprise. Il est possible de gagner en visibilité et en attractivité.

La partie « publication » du profil est une option à mon sens fort utile. Bien utilisée elle permet à ceux qui rédigent des papiers ou qui sont interviewés d’augmenter facilement et efficacement leur présence digitale. Au lieu de se contenter de publier un article sur un site ou un blog, inscrire ensuite systématiquement cette publication dans son profil avec un lien permet en peu de temps de générer davantage de trafic. Trafic depuis son profil LinkedIn vers l’article, mais aussi via un autre lien depuis l’article vers son profil. Ajoutons à cela un tweet ou deux évoquant l’article et l’on peut sans aucun frais et en peu de temps maximiser la visibilité d’une publication. Et à plus long terme on garde trace des publications.

LinkedIn Pulse permet de publier de véritables papiers

LinkedIn Pulse permet de publier de véritables papiers

J’en viens justement aux publications de LinkedIn. Il est à présent possible de publier sur LinkedIn pulse. Et cela fonctionne fort. Depuis fin 2012 le réseau social revendique plus d’un million de publication (voir le blog de LinkedIn à ce sujet). Si certaines de ces publications sont excellentes, d’autres sont bien évidemment d’une qualité moindre pour rester courtois. Vis-à-vis de cette option je reste résolument pragmatique.

A mon sens le seul intérêt à publier uniquement sur LinkedIn Pulse est de booster ainsi son ranking tel que calculé par LinkedIn lui-même.

Sans connaître le secret des algorithmes je crois être dans le vrai en disant qu’en recherche active un candidat peut gagner des points s’il publie régulièrement sur LinkedIn Pulse. Gagnant des points il apparaitra plus souvent dans des requêtes ce qui facilitera sa recherche. Autrement je trouve personnellement cette partie trop « touffue » pour pouvoir l’exploiter. Pour reprendre l’image des cartes de visites c’est un peu comme si la boite les contenant s’était renversée. Les sujets sont par trop variés, c’est un patchwork qui manque d’ordre. Il me semble plus efficace de « placer » sa publication sur un site spécialisé dans le sujet que l’on traite. Et bien sûr de créer un lien sur son profil vers ce site. A titre d’exemple un papier sur les changements d’allocation d’actifs trouvera sa place sur la communauté de l’Agefi, un autre sur l’impact des nouvelles normes comptables sur le Cercle les Echos, et bien sûr un papier sur l’usage des réseaux sociaux sur le Siècle Digital ! Au fil des ans le référencement est devenu une question clef et l’on gagne à privilégier des supports précis plutôt que de publier sur un site, en définitive, généraliste.

Hors fonctions de recrutement, une tendance sur LinkedIn consiste à l’utiliser pour faire du démarchage, on parle alors de « social selling ». Il est vrai qu’avec de plus en plus de personnes inscrites on dispose d’un vivier attractif. Très en vogue aux Etats Unis, faisant même l’objet d’un ouvrage publié par Sylvie Lachkar et Hervé Kabla (Le Social selling expliqué à mon boss) cette technique requiert à mon sens de s’y préparer sérieusement. Le risque est clair : mal solliciter son réseau (souvent en le sollicitant trop) risque de vous faire passer pour une personne à fuir. Il faut donc comme le recommandent les auteurs bien établir en amont une stratégie, impliquer le marketing et éviter les contenus trop égocentriques.

Mal ou trop solliciter son réseau risque de vous faire passer pour une personne à fuir !

L’aspect application mobile est devenu, les usages évoluant, un point clef. LinkedIn dispose d’accès assez complets via les applications mobiles et c’est fort utile. Mais sur ce point je pense qu’il convient de réserver l’usage mobile à des fins de consultations ou d’échanges de messages privés. Pourquoi ? Car par expérience l’on est beaucoup plus rigoureux lors de la rédaction d’un élément de son profil quand on utilise un poste fixe. Le mobile est pratique mais les fautes de frappes y sont moins visibles donc plus fréquentes.

LInkedIn c'est aussi une appli mobile

LinkedIn c’est aussi une appli mobile, mais utiliser un poste fixe conserve des avantages

En conséquence croyant améliorer son profil on peut, dans les faits, le dégrader en ajoutant un élément mal rédigé. A mon sens LinkedIn se distingue de Twitter : Twitter traite de l’immédiat et les tweets disparaissent vite dans le flot de nouveaux éléments, pas LinkedIn. Je crois sage de considérer que les actions sur LinkedIn vont avoir un impact plus longtemps. Soigner le style, la syntaxe et l’orthographe sur LinkedIn me semble indispensable et pour ce faire évitez le recours systématique aux applications mobiles. Argument supplémentaire lorsque l’on utilise l’application moins de détails sont visibles. Sur mon iPad pro je préfère passer par le navigateur web car j’ai alors une vision plus complète.

En guise de conclusion il est clair que LinkedIn est en position de force et restera encore pour longtemps un outil quasiment incontournable. Mais je pense qu’il faut aborder LinkedIn en gardant à l’esprit qu’il s’agit d’un réseau social professionnel. Il convient donc de le faire avec professionnalisme. L’improvisation, l’amateurisme sont à bannir. Il faut prendre le temps de préparer les éléments que l’on va ajouter. Ne pas hésiter à faire relire des éléments de texte à un collègue, un ami ou à son ancienne institutrice. Etre précis, et être le plus authentique possible. C’est une magnifique vitrine mais l’essentiel est que cette vitrine donne une image la plus juste de ce que vous êtes. Autrement la désillusion sera au rendez-vous.

A propos de l'auteur

Consultant en transformation digitale, formateur, spécialiste des marchés financiers. Président fondateur d'Absilis. Mais aussi street photographer, habitué du Bassin d'Arcachon et défenseur de la gastronomie française.

  • Merci pour la référence à notre ouvrage. Attention, cependant, le « social selling », ce n’est absolument pas faire du démarchage via LinkedIn, c’est même tout le contraire: le « social selling » consiste à utiliser son réseau pour analyser et comprendre le contexte d’une relation commerciale, s’informer, influencer… mais absolument pas inviter des contacts à tout va !

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