PriceMinister, pour ceux qui s’en souviennent, avait quelque chose de pionnier. Fondé en 2000, le site permettait aux particuliers de vendre leurs objets d’occasion bien avant que Leboncoin ou Vinted ne deviennent des réflexes. En 2010, le géant japonais Rakuten rachète la plateforme, la rebaptise à son nom et promet d’en faire un acteur incontournable du e-commerce en Europe.
Un déclin que rien n’a enrayé
En dix ans, le nombre de clients a fondu d’un tiers. Le trafic a chuté de 42 % sur la même période. Rakuten a pourtant investi, modernisé la plateforme, intégré de l’intelligence artificielle dans ses outils. Rien n’a suffi. Le marché du e-commerce français ne manque pas de places de marché, il en déborde.
📩 L’actu digitale évolue vite. Restez à jour.
Recevez la newsletter quotidienne, gratuitement.
En vous inscrivant vous acceptez notre politique de protection des données personnelles.
- Amazon écrase tout.
- Cdiscount résiste tant bien que mal.
- Vinted a capté le segment de la seconde main.
- Rakuten France, coincé entre des concurrents plus gros et des spécialistes plus agiles, a glissé lentement hors du radar des consommateurs.
La direction assume le constat dans son communiqué. Le projet de cession ou de fermeture a été présenté aux représentants du personnel le 7 avril. La recherche d’un acquéreur reste la priorité.
Si personne ne lève la main, l’activité de la marketplace fermera à partir du troisième trimestre 2026.
180 salariés sont dans l’incertitude
Cent quatre-vingts salariés travaillent encore pour Rakuten France. Il y a des développeurs, des commerciaux, des équipes pour le support.
Pour eux, les prochaines semaines vont déterminer si leur emploi survit ou disparaît. La recherche de repreneur est en cours, mais aucun nom ne circule publiquement. De plus, le calendrier est serré.
Rakuten se recentre, alors la France trinque
Le groupe japonais ne quitte pas le pays entièrement. Rakuten garde un pied en France à travers ses branches télécoms, sa liseuse numérique Kobo et sa messagerie Viber.
La maison mère, qui emploie 25 000 personnes dans 30 pays pour un chiffre d’affaires qui dépasse les 11 milliards d’euros, fait le choix de se concentrer sur ce qui fonctionne. Et le e-commerce français ne fait plus partie de cette liste.
Un signal d’alarme pour tout le secteur
Avoir de la notoriété, un historique solide et un groupe mondial derrière soi ne protège de rien quand le produit ne se démarque plus. PriceMinister avait inventé un usage, Rakuten France n’a jamais réussi à en inventer un autre.
L’e-commerce français a longtemps compté une demi-douzaine d’acteurs généralistes. Les plateformes du milieu, celles qui ne sont ni les moins chères ni les plus pointues, disparaissent les unes après les autres. Rakuten France pourrait bien être la prochaine.