Pendant des années, LegalPlace et Legalstart se sont disputé le même client. Le créateur d’entreprise qui ne veut pas payer un avocat pour rédiger ses statuts, qui cherche à domicilier sa boîte en quelques clics et qui découvre la paperasse administrative. Les deux plateformes faisaient à peu près la même chose, avec des tarifs similaires, pour à peu près le même public. Cette époque se termine.
Deux marques et un seul groupe
LegalPlace a annoncé ce 5 mai le rachat de Legalstart, financé par une levée de 70 millions d’euros menée par XAnge, Eurazeo et Move Capital Fund I. Le groupe né de cette fusion emploie 500 personnes et pèse sur une création de société française sur cinq. Il s’agit d’un chiffre comparable à celui que revendique Qonto sur le marché des comptes professionnels.
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Les deux marques continueront d’exister séparément. Une décision logique quand on considère que chacune a bâti sa propre base de clients et sa propre notoriété. Fusionner les noms aurait fait perdre du trafic sans rien apporter. Par contre, les équipes techniques et les roadmaps produits vont converger.
Pour préparer ce rapprochement, LegalPlace avait cédé quelques semaines plus tôt Kanoon, sa plateforme de documents juridiques RH, à Silae.
Un agent IA pour gérer la comptabilité et les formalités
La partie la plus ambitieuse du plan concerne la technologie. LegalPlace veut construire un agent d’intelligence artificielle qui gère à la fois les comptes et la paperasse réglementaire des TPE, en piochant dans le contexte propre aux clients. Le volume de données et de cas d’usage apporté par Legalstart devrait accélérer l’entraînement de cet outil.
Un entrepreneur qui crée sa société, domicilie son siège, ouvre son compte pro, délègue sa compta et ses formalités annuelles au même endroit, sans jongler entre quatre prestataires. La fameuse logique du guichet unique, que tout le monde promet depuis dix ans, mais que personne n’a encore livrée.
60 % de croissance par an
LegalPlace affiche une progression annuelle de 60 % sur les trois dernières années et compte 50 000 abonnés. L’objectif pour 2026 est de dépasser les 100 millions d’euros de revenus. Les 70 millions levés serviront à intégrer Legalstart, à muscler la plateforme technologique et à préparer un déploiement européen, en lien avec les travaux sur le 28e régime. Ce dernier vise à harmoniser la création d’entreprise sur le continent.
La concurrence ne dort pas. Qonto empile les acquisitions pour élargir son offre. Des acteurs anglo-saxons lorgnent le marché. Alors que la complexité administrative varie d’un pays à l’autre, celui qui maîtrise le droit local garde un avantage à ne pas négliger.
