Vous connaissez ces comptes. Zéro photo prise par eux, zéro idée qui leur appartient. Juste un flux continu de Reels piqués à d’autres, de captures d’écran recadrées et de mèmes récupérés sans la moindre valeur ajoutée. Sur Instagram, ces profils récoltaient parfois plus de visibilité que les créateurs dont ils recyclaient le travail. La plateforme vient de décider que cette époque touchait à sa fin.
Les agrégateurs sortent des recommandations
Un compte dont l’activité consiste principalement à repartager du contenu qu’il n’a pas produit sera exclu du système de recommandations. Ces profils n’apparaîtront plus dans le fil Découvrir, ni dans les suggestions que l’algorithme glisse entre deux posts de vos amis. Leurs abonnés continueront de voir leurs publications normalement, mais la portée organique vers de nouvelles audiences s’effondrera.
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La mesure existait déjà pour les Reels depuis 2024. Elle s’applique désormais aussi aux photos et aux carrousels, ces publications à faire défiler qui représentent une part massive du contenu partagé sur la plateforme.
Original ne veut pas dire fait à la main
Pour Instagram, un post original signifie :
- Soit que vous l’avez fabriqué vous-même de A à Z.
- Soit que vous avez ajouté quelque chose qui vous appartient. Vos propres photos, vos vidéos, vos créations graphiques. Mais aussi du contenu repris ailleurs que vous avez réellement retravaillé. Vous pouvez greffer un texte qui éclaire le sujet sous un angle neuf, intégrer des éléments visuels qui n’existaient pas…
Les mèmes, par exemple, restent dans les clous à condition qu’ils injectent de l’humour, un commentaire social ou une référence culturelle absente du matériau d’origine. Un bon mème prend la vidéo de quelqu’un d’autre et la rend méconnaissable à force de couches ajoutées. Instagram veut continuer à récompenser cela.
Par contre, les petites modifications ne comptent pas. Passer une vidéo en accéléré, tamponner son pseudo en filigrane ou faire une capture d’écran du post de quelqu’un d’autre, cela ne trompe personne et surtout pas l’algorithme.
Une porte de sortie pour les comptes sanctionnés
Les agrégateurs qui se retrouvent exclus des recommandations peuvent remonter la pente. Il faut que l’essentiel de ce que le compte publie pendant un mois par exemple du contenu fait maison pour retrouver sa place dans les recommandations.
L’autre option consiste à supprimer les contenus problématiques et à faire appel de la décision. La plateforme suggère aussi aux comptes qui partagent beaucoup le travail des autres de passer par les Stories, le bouton de repost officiel ou les publications collaboratives.
Un virage qui profite aux petits créateurs
Ce changement devrait normalement redistribuer de la visibilité vers ceux qui fabriquent réellement quelque chose. Reste à voir comment l’algorithme fera la différence entre un vrai travail de transformation et un mème bâclé avec trois mots en Comic Sans collés sur une vidéo dérobée.
Instagram promet de combiner l’analyse automatique et la vérification humaine. La précision de ce filtre déterminera si cette annonce change vraiment les règles du jeu ou si elle rejoint la longue liste des promesses algorithmiques qui n’ont modifié le quotidien de personne.