Un iPhone distribué par le gouvernement américain. Un chèque de 1 400 dollars si vous êtes né la bonne année. Donald Trump qui vante un programme social dans une vidéo fabriquée par IA. Tout cela circule sur Facebook et Instagram, en publicité payante, avec le logo Sponsorisé bien visible. Et selon la Consumer Federation of America, Meta sait très bien que c’est du faux.

Le mécanisme pose problème

La CFA, l’une des plus grosses fédérations de défense des consommateurs aux États-Unis, a déposé une action collective contre Meta. Quand Meta repère qu’un annonceur est potentiellement frauduleux, elle ne coupe pas le robinet, elle augmente le prix de diffusion.

Le résultat, selon l’ONG, est absurde. Plus un annonceur est dangereux, plus il rapporte d’argent à la plateforme. Et certains de ces annonceurs véreux ne se cachent même pas. Ils déclarent eux-mêmes à Meta que leurs contenus peuvent induire en erreur. Les publicités en question apparaissent dans la bibliothèque publicitaire du groupe. Elles sont accessibles à quiconque prend la peine de chercher.

Des précédents alourdissent le dossier

Ce n’est pas la première fois que le sujet remonte à la surface. En 2024, Reuters avait eu accès à des documents internes qui suggéraient qu’un dixième du chiffre d’affaires publicitaire annuel du groupe (autour de 16 milliards de dollars) serait généré par des annonces qui enfreignent ses propres conditions d’utilisation. La même année, le Wall Street Journal étudiait des centaines d’annonces pour des drogues dures et des opioïdes diffusées sur Instagram et Facebook, parfois illustrées de photos explicites des produits.

À chaque fois, la défense de Meta suit le même schéma.

  • Reconnaître un problème.
  • Exhiber des chiffres de suppressions massives.
  • Promettre de faire mieux.

159 millions de pubs supprimées, mais après ?

Face à l’action de la CFA, un porte-parole du groupe a qualifié les accusations de déformation de la réalité. Meta revendique 159 millions de publicités frauduleuses retirées sur la dernière année, dont 92 % avant même un signalement utilisateur, plus de 10,9 millions de comptes liés à des réseaux d’escroquerie fermés.

Ces chiffres sont impressionnants. De plus, ils posent aussi une question gênante, si 159 millions de pubs frauduleuses passent en un an sur vos plateformes, le problème est-il dans la modération ou dans le filtre à l’entrée ?

Ce procès arrive au pire moment pour Meta, déjà sous pression pour la surveillance des mineurs sur ses plateformes, son projet de reconnaissance faciale Name Tag et une nouvelle vague de licenciements. Mark Zuckerberg accumule les fronts.